Une chaîne arabophone encourage la « culture féminicide ». Un père de famille tente d’assassiner sa propre épouse avec une faucille. La victime s’enfuit avec ses enfants pour échapper à une mort certaine et demande le divorce. Accueilli sur un plateau TV, mercredi 10 juin, en présence d’un avocat et d’un imam, le mari fond en larmes. Émus, les participants, dont l’animatrice, décident de prendre parti pour l’homme.

Victime de violences domestiques depuis près de 20 ans, la victime quitte le domicile conjugal avec ses enfants lorsque son mari tente de l’assassiner avec une faucille. La mère a été sauvée de la rue par un centre de bienfaisance où elle s'est réfugiée avec ses enfants. Elle décide alors de demander le divorce.

En réaction, le mari a sollicité la médiation d'une chaîne arabophone pour récupérer son épouse. « Je demande à être écouté et j'exige que ma femme revienne vivre avec moi », a-t-il déclaré.

Les larmes d’un homme sont plus graves qu’une tentative de meurtre sur une femme ?

En proie aux accès de colère de son époux, l'épouse racontait précédemment sur le même plateau le calvaire que lui faisait subir son mari depuis 19 ans. En plus des violences conjugales en tous genres, il a tenté de l'assassiner plusieurs fois, notamment à l'aide d'une hache et d'une faucille. L'épouse confie avoir subi des radios et s'être fait délivrer des certificats médicaux suite aux coups qu'elle recevait, mais son mari avait tout brûlé. Sa fille s'est également plainte de violences paternelles. La mère de famille, qui confie aussi avoir été diffamée par son mari, est décidée à se séparer de ce dernier.

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Dans un ultime espoir de la récupérer, l'époux contacte cette émission qui se donne pour mission de résoudre les conflits familiaux. Lors du tournage, il s'est mis à pleurer. Attendris par ses larmes, les participants, à savoir l'animatrice, l'avocat et l'imam, ont fait pression sur la femme pour qu'elle regagne le domicile conjugal.

Pour la convaincre, l’imam énumère des arguments tirés de l’islam, en posant l’accent sur « l’obéissance que doit la femme à son mari ». L’avocat, lui, a tenu des propos encore plus invraisemblables. Il a assuré que la seule victime aux yeux de la loi algérienne... c'est l’homme. Quant à l’animatrice, elle n'a pas trouvé mieux que de la traiter de « Hagara ».

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