Issad Rebrab, considéré comme un exemple de réussite du secteur privé en Algérie et soutenu lors de son incarcération, est au centre de vives critiques de syndicalistes, activistes politiques et internautes. La solidarité que suscitent les 196 travailleurs licenciés par l'entreprise Numilog, filiale du Groupe Cevital, a levé les boucliers sur l'homme d'affaires.

Ainsi, Issad Rebrab fait face à des critiques virulentes. Il est accusé d'avoir violé les lois de la République en toute impunité, en licenciant 196 travailleurs qui voulaient exercer leur droit syndical. Les intervenants ont tenu à rappeler à Rebrab, la loi n°90-11 du 21 avril 1990 modifiée sur les droits des travailleurs. Une loi qui dispose que les travailleurs jouissent des droits fondamentaux suivants : exercice du droit syndical, négociation collective, participation dans l’organisme employeur, sécurité sociale et retraite, hygiène, sécurité, médecine du travail et repos.

Issad Rebrab se retrouve dans l’œil du cyclone et perd de plus en plus le capital sympathie qu'il avait gagné au fil des années. La grève des travailleurs de Numilog a remis sur le tapis l'impunité dont jouissent les patrons ainsi que la vulnérabilité des travailleurs, qui sont le maillon faible de la chaîne de production concernant les droits.

Les internautes ont également souligné que la grève des travailleurs de Numilog « s’est imposée sur la scène nationale, en dépit de l’embargo des médias traditionnels, et surtout grâce à la détermination des grévistes ». D'autres ont souligné que ce conflit traduit la lutte des classes. Ils estiment que « Rebrab représente, malgré lui, la bourgeoisie et les ouvriers de Numilog tiennent la lance de l’avant-garde ouvrière ».

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Par ailleurs, sur le plan de la légalité, les syndicalistes affirment que Rebrab se comporte comme s'il était au-dessus des lois. Ils rappellent que l'homme d'affaires n'a pas attendu le verdict du tribunal de Bejaïa sur la légalité de la grève pour agir contre les grévistes.

Issad Rebrab critiqué

Certains activistes politiques qualifient Issad Rebrab de « patron qui mondialise ses profits, licencie les travailleurs en lutte et piétine les droits syndicaux ». Ils affirment que « le licenciement aussi brutal qu'inadmissible de 196 ouvriers de Numilog rappellera à ceux qui occultent la question sociale dans le Hirak que les enjeux des classes sont là et que la bourgeoisie algérienne est née plutôt dans l'histoire de la prédation et non de la production et que son patriotisme est inversement proportionnel à ses profits ».

Cette affaire de licenciement va sans doute continuer à faire couler de l'encre, surtout que ce n'est pas la première fois que le groupe Cevital licencie des travailleurs pour avoir voulu s'organiser en syndicats.

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