Le ressortissant algérien Kamel Daoudi, âgé de 46 ans, a été condamné mardi 6 octobre par le tribunal judiciaire d’Aurillac à un an de prison ferme pour non-respect de son assignation à résidence. Soit pour 30 minutes de retard après le couvre-feu auquel il est astreint. Cette condamnation a suscité une vive polémique et a remis sur la table l’acharnement de l’appareil judiciaire contre les personnes inculpées pour des faits de terrorisme. 

L’Algérien Kamel Daoudi a été arrêté vendredi 25 septembre à 21h30, alors qu’il aidait bénévolement dans un café associatif d’Aurillac, soit 30 minutes après le couvre-feu auquel il est astreint par les autorités françaises depuis plus de 12 ans.

Incarcéré à la prison de Lyon-Corbas et placé à l’isolement, Kamel Daoudi poursuit une grève de la faim et de la soif entamée peu après son interpellation. « Nous sommes très inquiets pour lui, il y a un risque de décompensation après cette audience abominable et ce jugement ahurissant », confie Emmanuel Daoud, son avocat. Il va faire appel.

Amnesty International, de son côté, s’est dit préoccupé par la condamnation de Kamel Daoudi. « En rendant sa décision, le tribunal d'Aurillac a condamné un homme à qui nous n'avons rien à reprocher, si ce n'est d'avoir cuisiné pour une soirée conviviale. A l'acharnement des autorités s'ajoute une décision judiciaire dénuée d'humanité », indique un communiqué d’Amnesty International.

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Kamel Daoudi avait été condamné en 2005 à six ans de prison pour « association de malfaiteurs terroriste ». Il avait été reconnu coupable d’avoir participé à un projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Sanctionné d’une peine complémentaire d’interdiction définitive du territoire et déchu de sa nationalité française, il devait être expulsé vers l’Algérie une fois sa peine de prison définitivement purgée.

La situation de cet homme, qui a quitté l’Algérie à l’âge de 5 ans, marié à une Française, institutrice, avec laquelle il a trois enfants, est inextricable. Dans l’incapacité de l'expulser de France, comme l’a imposé la justice, le ministère de l'Intérieur renouvelle sans cesse son assignation en raison de sa « dangerosité ».