Un imam d’origine algérienne a été renvoyé devant un tribunal correctionnel pour « incitation à la haine raciale ». Mohamed Tataï, imam de la plus grande mosquée de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, est poursuivi pour un prêche soupçonné d’être antisémite, donné en arabe il y a trois ans. 

Selon l’agence France-presse (AFP), qui a rapporté l’information ce mardi 5 janvier, l’imam originaire d’Algérie est poursuivi « pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence (…) en raison de l’origine ou de l’appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Selon la même source, la date de l’audience n’a pas encore été fixée.

Le parquet de Toulouse avait ouvert une enquête préliminaire en 2018 suite à un signalement émanant du préfet. L’information judiciaire visait une vidéo datant de décembre 2017 dans laquelle on voit l’imam de la grande mosquée de Toulouse prêcher devant les fidèles en langue arabe. Selon le texte sous-titré en anglais, Mohamed Tataï déclare notamment : « (Le prophète Mahomet) nous a parlé de la bataille finale et décisive : le jugement dernier ne viendra pas jusqu’à ce que les musulmans combattent les juifs ».

Le mis en cause avait invoqué une « traduction pas fidèle » qui « n’est pas le vrai sens du hadith » (texte religieux) qu’il cite dans la vidéo. L’homme, originaire d’Algérie, avait été mis en examen en décembre 2018.

Les avocats de la défense, William Bourdon, Vincent Brenghart et Jean Iglésis, estiment que « le caractère opportuniste d’un tel renvoi devant le tribunal correctionnel n’échappera à personne dans un contexte éminemment politique ». Pour eux, leur client « qui a toujours été en bons termes avec les représentants de la communauté juive, s’est largement expliqué sur le sens de son prêche et sur l’exclusion totale de toute incitation à la haine »

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