Un ressortissant algérien établi en France a été blessé par un projectile de LBD, tiré par des policiers à Tourcoing, dans le nord de la France.  Selon le site d’investigation MédiaPart qui a rapporté l’information lundi 18 janvier, la justice a ouvert deux enquêtes ; l’une judiciaire, l’autre administrative, pour « violences volontaires ».

Selon la même source, le père de famille algérien, Mohammed N., a été blessé par un projectile de LBD, le 12 novembre dernier. Il affirme que les policiers l’ont délibérément visé, puis menacé alors qu’il voulait se rendre à l’hôpital. Deux enquêtes ont été ouvertes ; l’une judiciaire, l’autre administrative.

L’incident se serait produit alors que cet Algérien de 43 ans, employé dans le bâtiment, est sorti se promener dans le quartier Pont-Rompu. Ce jour là, des effectifs de police ont été mobilisés suite à des dégradations de caméras de vidéosurveillance. Au cours de cette soirée, l’un des policiers a fait usage du lanceur de balles de défense. Mohamed. N, qui explique qu’il se trouvait là par hasard, a été blessé.

Un tir de LBD peut être mortel

Le déclenchement de ce type d’armes à moins de deux mètres de la cible est pourtant proscrit hors cas extrême de légitime défense. Un tir de LBD (lanceur de balles de défense), une arme conçue pour viser une cible située entre 10 et 50 mètres plus loin, peut être potentiellement mortel, s’il atteint un organe vital. Le parquet a ouvert une enquête du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

Pour  rappel, le décès de Zineb Redouane, une dame d’origine algérienne, survenu à Marseille en 2018 lors des événements des gilets jaunes en France, a ébranlé tout le pays à l’époque. La famille de la victime a clairement accusé la police d’être derrière ce décès.

En fait, la ressortissante algérienne, âgée de 80 ans, était en train de fermer les volets de son appartement, le 1er décembre 2018, lorsqu’une grenade lacrymogène l’a atteinte en plein visage. Elle décède le jour suivant des suites d’un choc opératoire dans un hôpital marseillais. La famille de Zineb Redouane avait porté plainte en avril 2020 contre la police française, pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».