Le sans-papiers algérien ayant refusé de livrer les commandes de deux restaurants juifs en France a été expulsé vers l’Algérie. C’est ce qu’a annoncé, samedi 17 avril, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sur Twitter. Le livreur de 19 ans a purgé sa peine de prison, puis il été expulsé vers l'Algérie, comme le prévoyait l'obligation de quitter le territoire français infligée à son encontre bien avant cette affaire.

Le ministre français de l’Intérieur annonçait, samedi, sur Twitter : « Comme je m’y étais engagé, le "livreur" de repas à domicile qui avait déclaré ne pas vouloir servir des clients juifs a été expulsé aujourd’hui (ndlr, samedi) du territoire national, après avoir purgé sa peine de prison. La haine antisémite n’a pas sa place en France ».

Les faits remontent au 7 janvier 2021, à Strasbourg, dans le nord-est de la France. Deux restaurateurs juifs ont vu leurs deux commandes annulées par le même livreur, travaillant pour la plateforme Deliveroo, au motif « qu'il ne livre pas les juifs ».

Une plainte a été déposée par les restaurateurs, le consistoire israélite du Bas-Rhin et le bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA). Une enquête de police et des relevés GPS de téléphone ont identifié le livreur algérien, qui travaillait grâce au compte prêté par un autre livreur Deliveroo.

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Grâce à une coopération internationale entre la France et l'Algérie

Le jeune Algérien, jugé pour « discrimination fondée sur la religion », avait été condamné à quatre mois de détention. Le jeune homme était déjà, avant sa condamnation, sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Trois mois plus tard, le jeune homme de 19 ans a donc été expulsé vers l’Algérie. C'est dans un tweet que Gérald Darmanin a annoncé la nouvelle, samedi 17 avril.

Raphaël Nisand, avocat des deux restaurateurs et du bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), explique à France info que les OQTF sont très rarement appliquées : « Il faut pour cela que les autorités françaises soient sûres que, au moment où la personne expulsée arrive dans son pays d'origine, elle sera acceptée par les autorités de son pays, ce qui est loin d'être le cas dans la plupart des affaires d'expulsion. C'est généralement cet accord qui fait défaut dans les autres cas. Là il y a donc eu une coopération internationale sur le cas de ce jeune homme, entre la France et l'Algérie ».