Depuis sa cellule, le général à la retraite Ali Ghediri a encore adressé une lettre à l’opinion publique. Dans sa missive, lue à l'occasion d'une conférence de presse animée samedi 24 avril par le comité pour sa libération, le détenu n'est pas allé par le dos de la cuillère pour fustiger le pouvoir. 

« Lorsque l’arbitraire s’érige en règle dans le fonctionnement des institutions et que les établissements pénitentiaires de la République sont détournés de leur vocation première, pour servir de lieux de confinement pour ceux que le pouvoir désigne comme opposants pour étouffer les voix, le silence devient caution et la complicité une posture assumée pour ne pas en dire davantage », a écrit Ali Ghediri dans sa lettre.

Et d'ajouter : « Il est notamment ainsi, lorsque ces opposants n’ont fait qu’exprimer une opinion, une idée, un projet de société, ou, seulement se porter candidat aux élections présidentielles avec la promesse de rompre avec le système qui a mis l’Algérie à genoux ».

« Je l’assume dussé-je le payer au prix de ma vie »

Ali Ghediri affirme qu'il ira jusqu'au bout de ses idées, quitte à la payer au prix de sa vie. « Lorsque les libertés fondamentales font défaut, ces actes banals, ces formes d’expression citoyenne sont assimilées par les décideurs à un crime ; si tant est qu’il le soit, je l’assume dussé-je le payer au prix de ma vie », a-t-il en effet soutenu.

S'exprimant sur le Hirak, le candidat à la présidentielle annulée d'avril 2019 estime que ce mouvement « incarne par sa forme autant que par son contenu, on ne peut mieux le prolongement de la révolution de 1er novembre 1954 et les résolutions de congrès de la Soummam ».

« Veillez sur la trajectoire du hirak »

Il a appelé d'ailleurs les citoyens à maintenir le cap : « Veillez à sa trajectoire patriotique. Préservez-en le cours pour le prémunir contre toute tentative d’infiltration, de récupération et de holdup idéologique... »

Il est à noter que lors de la conférence, le Comité pour la libération de Ali Ghediri a réaffirmé que le dossier du détenu était vide. « Le dossier de Ali Ghediri est vide. Je pense même à me déconstituer, tant qu’il n’y a rien à défendre », a fait savoir Me Miloud Brahimi. Ce comité compte d'ailleurs saisir le chef de l'Etat sur cette affaire. 

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