Étrange sortie que celle de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, Mohamed-Antar Daoud. Le diplomate a adressé, ce samedi 1er mai, une mise au point à l'agence de presse française, l'AFP, pour lui demander indirectement de cesser de parler du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK). Ouvrir le fil au Mouvement séparatiste est une forme de légitimation pour les responsables de ce mouvement, a indiqué l'ambassadeur.

« L'AFP a habitué ses lecteurs et usagers à davantage de professionnalisme et d'éthique dans ses couvertures médiatiques malgré une posture éditoriale critique négativiste à l'égard de mon pays. Force est de constater aujourd'hui que le fait d'ouvrir son fil aux responsables de ce mouvement revêt une forme de légitimation voire de sympathie en direction des responsables de ce mouvement séparatiste qui planifie, selon les informations vérifiées du ministère de la Défense nationale, des actions criminelles et attentats terroristes contre les marches populaires pacifiques », a estimé Mohamed-Antar Daoud, dans cette mise au point.

C'est une façon claire de demander à l'AFP de ne plus couvrir les activités du MAK ou de son président, Ferhat Mehenni. Pour justifier sa démarche, l'ambassadeur d'Algérie en France cite le jeune qui s'est présenté comme trafiquant d'armes dans un témoignage à la télévision algérienne.

 

Il affirme que « les graves aveux donnés par l'ex-membre du mouvement subversif, MAK, le dénommé H. Nouredine, aux services de sécurité, ont révélé l'existence d'un plan criminel perfide visant à perpétrer ces attentats pour exploiter ensuite les images dans leurs campagnes subversives et implorer l'intervention étrangère dans les affaires internes du pays ».

Justifier de futures répressions ?

Que cherche réellement Mohamed-Antar Douad à travers cette mise au point à la limite de l'insolite ? Il sait pourtant que les responsables de l'AFP ne sont pas prêts à se soumettre à des injonctions, de surcroît de la part de pays étrangers. A moins que le gouvernement algérien veuille que son homologue français se charge d'exercer des pressions sur l'AFP pour boycotter le MAK et toute organisation que le pouvoir algérien considère comme « subversive ».

D'un autre côté, le diplomate algérien peut vouloir « justifier » de futures répressions qui cibleraient l'Organisation Rachad et le MAK que le gouvernement présente comme des organisations violentes. Aux yeux de l'opinion internationale et des gouvernements, notamment occidentaux, la répression contre des organisations accusées de terrorisme passerait mieux, selon les responsables politiques algériens.

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