Le chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune répond au journal Le Monde. Lors de l'entretien qu'il a accordé à la chaîne qatarie Al Jazeera le mardi 8 juin, le responsable algérien a tenu à réagir à l'éditorial très critique du média français à l'égard de la situation politique en Algérie. Plusieurs autres sujets ont été abordés lors de ce long entretien.

Tebboune répond au journal Le Monde

Abdelmadjid Tebboune a été très laconique dans sa réponse à ce média français. « L'Algérie dont parle ce journal n'est pas l'Algérie que nous connaissons », s'est contenté de dire le chef de l'État algérien. À aucun moment il ne cite le nom du journal, ni n'évoque le contenu de l'éditorial dont il est question.

Pour rappel, le prestigieux quotidien français Le Monde a publié, le samedi 5 juin, un éditorial intitulé « L'Algérie dans l'impasse autoritaire ». Dans son texte, il met en exergue « une répression massive, disproportionnée, face à un mouvement non violent ». Le média lie la répression aux élections législatives anticipées programmées pour le samedi 12 juin contre l'avis d'une grande partie des Algériens.

L'éditorial du journal Le Monde a fait mal à Alger

Il faut dire que certains extraits de l'éditorial ont fait particulièrement mal du côté sud de la Méditerranée, notamment ceux en lien avec le manque de prérogatives du chef de l'État devant l'Armée algérienne. « Le nouveau chef d’État confirme qu’il est, comme tous ses prédécesseurs, l’homme lige des militaires, qui exercent la réalité du pouvoir, en cherchant à étouffer par tous les moyens les revendications de transparence, d’ouverture et de libertés », a, en effet, asséné l'éditorialiste du journal Le Monde.

À lire aussi :  François Hollande appelle la France à relancer son partenariat avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie

L'éditorialiste estime également que Abdelmadjid Tebboune « n'a rien fait de ses promesses de libéralisation et d’écoute de la jeunesse, offrant une simple façade civile aux militaires ». Cela explique le grincement de dents à Alger face à un éditorial qui remet en cause, finalement, et l'élection présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er novembre 2020.

L'ambassadeur d'Algérie en France a répondu au journal Le Monde

D'ailleurs, le même édito a fait réagir l'ambassadeur d'Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud, qui a écrit une réponse au directeur du média français. « Le caractère délibérément outrageux et violent de ce texte, prenant pour cible le Président de la République et l’institution militaire, interpelle sur les desseins réels d’un tel acharnement qui se renouvelle, sciemment, à l’approche de chaque échéance politique dans mon pays », a dénoncé le diplomate algérien dans sa réponse.

Mohamed Antar Daoud dénonce un « texte violent », une « hostilité inouïe » et une « subjectivité déconcertante ». Il s'est même interrogé si le quotidien ne servait pas les intérêts des lobbys hostiles à une relation apaisée entre l'Algérie et la France.