Un ressortissant algérien, sans-papiers, s’est donné la mort par pendaison à l’intérieur de la prison de Nantes, en France. Le jeune Algérien, âgé de 27 ans, était en détention préventive depuis le 4 juin. Il s’est suicidé à la maison d’arrêt de Nantes le 17 juin dernier. Mais l’information n’a filtré que 15 jours plus tard.

Selon le quotidien Ouest-France, l’Algérien, soupçonné d’avoir menacé et agressé avec un tournevis six passants un soir de juin, place du Bouffay à Nantes, s’est pendu dans sa cellule le jeudi 17 juin dernier. Sans antécédent judiciaire, l’homme avait été interpellé le 4 juin à Nantes.

L’Algérien avait d’abord tenté de bruler sa cellule

Le ressortissant algérien avait été interpellé après avoir frappé plusieurs personnes en plein centre-ville avec un petit tournevis, causant plus de peur que de mal, a indiqué l’avocat Me Aurélien Ferrand, précisant que la piste terroriste avait été écartée.

En situation irrégulière et placé en détention provisoire, ce sans-papiers algérien avait déjà tenté de mettre le feu à sa cellule. Le matin de son suicide, il avait fait une première tentative, mais les surveillants avaient réussi à l’avorter, ajoute la même source.

Le soir, le détenu est parvenu à ses fins et s’est donné la mort par pendaison, confirme une source pénitentiaire, les agents ne sont pas parvenus à le réanimer. En conséquence, ce décès entraîne l’extinction de l’action publique. Pour cette affaire, cela signifie qu’on ne saura jamais si l’homme était ou non pénalement responsable de son geste.

L’avocat du sans-papiers algérien affiche sa colère

Sans papiers, le jeune algérien était arrivé d’Allemagne en France il y a environ un an. Le jeune homme vivait de manière isolée à Nantes, sans famille, ni amis a priori. Son avocat, Aurélien Ferrand, ne décolère pas. « J’ai appris le 29 juin et pas par l’administration pénitentiaire, mais par mon confrère, avocat des parties civiles, la mort de mon client. Soit 12 jours après son geste désespéré. On a demandé un certificat de décès à l’Administration pénitentiaire, mais personne dans la chaîne n’a pensé à l’avocat », affirme-t-il dans les colonnes de Ouest-France.

« Ce que je regrette aujourd’hui, c’est que l’expertise psychologique que j’avais demandée (NDLR, motif justifiant le renvoi de la première audience) n’ait pas été réalisée au préalable dans le cadre de l’enquête. Vu les faits et son comportement délirant en garde à vue – mon client se disait persécuté et montrait des bouffées délirantes – cela n’aurait pas empêché sa mort, non, mais cela aurait au moins permis de discuter des conditions de sa détention. Il n’avait pas de casier. Aujourd’hui, je suis en colère contre le Parquet et l’Administration pénitentiaire », ajoute l’avocat.