Un des numéros de téléphone portable du chef de l’État français Emmanuel Macron a été sélectionné en 2019 par les services de renseignements marocains pour une possible infection via le logiciel espion Pegasus. C’est ce que révèle ce mardi 20 juillet le quotidien français Le Monde.

C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire Pegasus : en 2019, une agence de renseignement marocaine, cliente de la société israélienne NSO Group et utilisatrice de son redoutable outil d’espionnage Pegasus, a ciblé l’un des téléphones utilisés par le président français Emmanuel Macron, rapporte ce mardi 20 juillet le journal Le Monde. Le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, ainsi que 14 ministres français en exercice ont également été dans le viseur de Rabat, selon la même source.

La société israélienne NSO affirme qu’Emmanuel Macron « n’a pas et n’a jamais été une cible »

Mais le téléphone portable du président de la République française a-t-il été espionné ? Selon la même source, il est pour l’heure impossible de dire si le téléphone d’Emmanuel Macron a été infecté ou non, l’appareil n’ayant pas pu être examiné. Dans un communiqué, NSO affirme que le président français « n’a pas, et n’a jamais été, une cible ou n’a jamais été sélectionné comme une cible par des clients de NSO ».

La Présidence française a qualifié ces faits de « très graves »

Réagissant à la nouvelle, la Présidence française a qualifié ces faits, « s’ils sont avérés », de « très graves ». Contacté par Le Monde, l’Elysée affirme que « si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse. Certaines victimes françaises ont déjà annoncé qu’elles porteraient plainte, et donc des enquêtes judiciaires vont être lancées ».

Emmanuel Macron possède plusieurs téléphones

Emmanuel Macron possède plusieurs téléphones sur lesquels il a installé des applications de messageries comme Telegram pour échanger avec ses proches ou des journalistes. Selon France Culture, le chef de l’État français aurait commis l’imprudence de ne pas suivre les recommandations de l’ANSSI (l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou de la DGSI (la Direction générale de la sécurité intérieure) qui préconisent au chef de l’État de privilégier la ligne ultra sécurisée des téléphones Teorem ou Cryptosmart de l’Élysée pour communiquer.

Les relations francoalgériennes dans le viseur du Maroc

Si Rabat a bien tenté d’infecter le téléphone du président français au cours du mois de mars 2019, que cherchait-il à obtenir comme informations ? À cette période, Emmanuel Macron est préoccupé par la situation tendue en Algérie, le « frère ennemi » du Royaume chérifien, selon Franceinfos.

Selon la même source, Emmanuel Macron appelle directement l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, et le somme de faire un aller-retour à Paris pour évoquer la crise algérienne avec le ministre Jean-Yves Le Drian. Selon la même source, Xavier Driencourt a suscité aussi l’intérêt du renseignement marocain à cette période, et son numéro de téléphone a été enregistré en vue d’une possible attaque par le logiciel Pegasus.