L'Algérie a décidé l'ouverture d'une enquête concernant le scandale lié au logiciel espion Pegasus. C'est ce qui ressort d'un communiqué du parquet de la Cour d’Alger rendu public ce jeudi 22 juillet 2021. L'enquête a été ordonnée par le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'Hamed, précise la même source.  

« Suite aux informations divulguées à travers des organes de presse nationaux et internationaux, ainsi que des rapports émanant de certaines chancelleries, faisant état de l'existence d'un système d'intelligence informatique d'écoute et d'espionnage ayant visé les intérêts de l'Algérie, mais aussi des citoyens et des personnalités algériennes, et en application des dispositions de l'article 11 du Code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d'Alger informe l'opinion publique que le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'Hamed a ordonné l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les faits en question, diligentée par les services de police judiciaire spécialisée en matière de répression d'infractions liées à la cybercriminalité et aux technologies de l'information », peut-on lire dans ledit communiqué cité par l'APS.

La même source ajoute que « si les faits, objet de cette enquête, sont avérés, ils constitueraient des infractions réprimées par la législation algérienne sous sa forme criminelle pour avoir rassemblé des renseignements, objets et documents au profit d'une puissance étrangère aux fins de nuire à la défense nationale et constitueraient également des infractions d'accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et d'atteintes aux secrets des communications ».

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Plusieurs personnalités algériennes sur la liste des personnes espionnées

Il est à noter que plusieurs personnalités et journalistes algériens figurent sur la longue liste des personnes dont les téléphones ont été ciblés et espionnés. Il s'agit notamment du fils de l’ancien chef d’état-major de l’ANP, décédé en décembre 2019, Ahmed Gaïd Salah, les frères et la sœur du président déchu Abdelaziz Bouteflika, l’actuel ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra et Abdelkader Messahel qui a également été à la tête du même ministère dans le passé.

Abdou Semmar, rédacteur en chef du site Algérie Part et Lounès Guemmache, directeur du média algérien TSA, ont été aussi cités comme étant victimes d’une tentative d’espionnage via ce système.