La crise politique qui secoue ces derniers jours la Tunisie a suscité de nombreuses réactions chez la communauté internationale, notamment au niveau des grandes capitales du monde. C'est le cas des États-Unis, qui insistent sur « un rapide retour à la voie démocratique » en Tunisie. 

La Tunisie doit rapidement retrouver la « voie de la démocratie », a déclaré le 31 juillet un haut responsable de la Maison Blanche au président de la Tunisie, Kaïs Saïed, quelques jours après qu'il s'est emparé du pouvoir exécutif, suspendant notamment l'activité du Parlement pour un mois.

Lors d'un appel d'une heure avec le président tunisien, le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden, Jake Sullivan, a fait part de son soutien à « la démocratie tunisienne fondée sur les droits fondamentaux, des institutions fortes et un engagement en faveur de l'État de droit », selon un communiqué de la Maison Blanche.

Washington préconise un « un retour rapide à la voie démocratique de la Tunisie »

Le communiqué des États-Unis indique que l’appel « s’est concentré sur le besoin crucial pour les dirigeants tunisiens d’esquisser un retour rapide à la voie démocratique de la Tunisie ». « Cela nécessitera la formation rapide d’un nouveau gouvernement, dirigé par un Premier ministre compétent, afin de stabiliser l’économie tunisienne et de faire face à la pandémie de la Covid-19 », ajoute le communiqué.

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Autrement dit, Washington demande au président tunisien de surseoir à sa décision de gel du Parlement et surtout la nomination d'un nouveau gouvernement. Une injonction en somme de la part de Washington pour Kaïs Saïed, de revoir sa feuille de route, annoncée la semaine dernière, lors d'un discours à la nation.

Kaïs Saïed avait limogé le gouvernement et gelé le Parlement depuis le 25 juillet

Après une journée de manifestations le 25 juillet dans de nombreuses villes du pays contre la gestion sanitaire du gouvernement de Hichem Mechichi, le président Kais Saied a limogé ce dernier et annoncé « le gel » des activités du Parlement pour 30 jours. Dans un discours à la nation, le Président a annoncé qu’il combattra la corruption et une enquête sur le financement illégal présumé de partis politiques a été déclenchée.

Le part islamiste Ennahda dénonce « un coup d’État contre la révolution et contre la Constitution »

Suite à la décision annoncée par le Chef de l’État tunisien, Kaïs Saïed, le parti islamiste Ennahdha, qui détient la majorité au Parlement, a réagi aussitôt, fustigeant lesdites mesures, et dénonçant « un coup d’État contre la révolution et contre la Constitution », et a en sus souligné que ses « partisans (…) ainsi que le peuple tunisien défendront la révolution ».

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Rached Ghannouchi chef du parti avait entamé, avec d’autres députés, un sit-in devant le Parlement, le 26 juin, à Tunis, après avoir été empêché d’accéder à l’hémicycle par des forces militaires. Plusieurs centaines de partisans du président Saïed et du parti d’Ennahdha ont échangé des jets de bouteilles et de pierres devant le Parlement à Tunis, pendant plusieurs heures en milieu d’après-midi, avait rapporté l’AFP.

Dans la même journée, la présidence tunisienne avait instauré de nouvelles mesures « dans le cadre de l’application des procédures du confinement sanitaire », portant interdiction de la circulation des personnes et des véhicules sur tout le territoire national, et ce, de 19 h jusqu’à 6 h. Tout rassemblement de plus de trois personnes sur la voie où les places publiques est également interdit, avait souligné la même source.