Extradé récemment vers la France depuis Dubaï, où il s’était réfugié après plusieurs années de cavale, Moufide Bouchibi, un franco-algérien présenté comme l’un des plus gros trafiquants de drogue en France, a vu son procès s’ouvrir ce mercredi 1er septembre, à Bordeaux.

Le procès de Moufide Bouchibi, un franco-algérien  de 41 ans, présenté comme l’un des plus gros trafiquants de drogue français, s’est ouvert aujourd'hui à Bordeaux, selon Ouest France. Un procès qui s’ouvre dans un climat houleux, après 10 ans de cavale et sa chute à Dubaï en mars dernier.

Le procès de Moufide Bouchibi ouvert

Surnommé « Mouf », le Franco-Algérien est poursuivi pour une dizaine de go-fast et l’importation depuis le Maroc de centaines de kilos de résine de cannabis en 2011 et 2012. Après dix ans de cavale, il avait été interpellé en mars à Dubaï avant d’être transféré et incarcéré en France en mai. Des faits et une extradition qu’il conteste.

Ses avocats dénoncent « un véritable scandale » et « une faillite totale » de la justice, « il est séquestré », s’indigne l’un de ses défenseurs Me Thomas Bidnic. « Ce procès est tout simplement impossible, il ne peut pas avoir lieu », a-t-il déclaré devant la presse.

Un début de procès sous haute tension

Pour l’avocat, l’homme a été victime d’une « extradition déguisée » pour avoir été transféré en France en « dehors de toute procédure d’extradition », alors qu’une convention franco-dubaïote l’exigeait. Une faute imputable au parquet et au ministère de la Justice, selon lui.

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Ouvert en matinée, le procès a rapidement basculé dans un climat houleux et a déjà été suspendu quatre fois à la mi-journée, après de vifs échanges entre magistrats et le trio d’avocats, indique Ouest France.

Le prévenu a finalement été déclaré apte à être jugé, l’audience a pu reprendre avant d’être de nouveau suspendue. En cause ; les avocats veulent vérifier la légalité de l’extraction « de force » du détenu depuis sa prison de Gradignan, dans la banlieue bordelaise, ajoute la même source.

À la barre, l’accusé a d’abord affirmé avoir été extrait de prison de « gré ou de force » par les agents pénitentiaires alors qu’il se plaignait d’« avoir mal à la tête depuis quatre jours », sans avoir pu voir un docteur.

Moufide Bouchibi est entré dans le trafic de stupéfiants à grande échelle en s’associant au début des années 2000 avec un Alsacien, Sofiane Hambli, dit « la Chimère », lui aussi considéré comme l’un des plus gros trafiquants français.

Moufid Bouchibi se serait déjà réfugié en Algérie

Selon l'Obs, « Mouf » faisait entrer en France entre 40 et 50 tonnes de résines de cannabis annuellement. Il a été d'ailleurs condamné par contumace à 20 de prison ferme. C'était en 2015. La police n'a jamais réussi à l'appréhender, car il a quitté le territoire français depuis 10 ans.

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Il a été repéré au Maroc puis en Tunisie en 2019. À chaque fois, il réussissait à semer les enquêteurs et les policiers qui le traquent toujours. Aux dernières nouvelles, Moufide Bouchibi se serait réfugié dans son pays natal, l'Algérie, où il possède d'innombrables biens immobiliers, avant de rejoindre Dubaï, d’où il a été extradé en mars dernier vers la France.