Alors que le monde retient son souffle face à ce qui se passe en Afghanistan, le chef de l’Organisation des nations unis craint que le scénario de la prise de pouvoir par les terroristes islamistes ne se reproduise également dans les pays du Sahel en Afrique.

Dans un entretien accordé ce vendredi 10 septembre à l’Agence France-Presse (AFP), António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a affirmé craindre que « l’exemple afghan ne donne des idées à des groupes armés jihadistes au Sahel ». Il réclame de ce fait un renforcement des « mécanismes de sécurité » dans cette région.

« Je crains l’impact psychologique et réel de ce qui s’est passé en Afghanistan », avec la prise du pouvoir par les Talibans, a-t-il dit. « Il y a un vrai danger. Ces groupes terroristes [au Sahel] peuvent se sentir enthousiasmés avec ce qui s’est passé [en Afghanistan] et avoir des ambitions au-delà de ce qu’ils pensaient il y a quelques mois », a ajouté le chef de l’ONU.

L’ONU appelle la communauté internationale à s’organiser pour gérer la question du Sahel

António Guterres s’inquiète également des « groupes fanatisés, avec une idéologie où la mort par exemple est désirable, des groupes disponibles pour tout faire. Et on voit des armées qui se désintègrent face à eux ». « On a vu cela à Mossoul en Irak, au Mali lors de la première poussée vers Bamako, on a vu cela au Mozambique […] Ce danger est réel et il faut penser sérieusement à ses implications sur la menace terroriste et à la façon dont la communauté internationale doit s’organiser face à cette menace », a précisé António Guterres.

D’après lui, « il est essentiel de renforcer les mécanismes de sécurité au Sahel », car « le Sahel est le point faible le plus important, qu’il faut soigner. Ce n’est pas seulement le Mali, le Burkina ou le Niger, maintenant on a des infiltrations en Côte d’Ivoire, au Ghana », a-t-il précisé.

Vers la création d’une force africaine de lutte antiterroriste ?

Face au retrait progressif des troupes françaises et tchadiennes de la région, le chef de l’ONU demande la création d’une « force africaine de lutte antiterroriste, avec un mandat sous chapitre sept (prévoyant le recours à la force) du Conseil de sécurité et avec des fonds affectés, qui puissent garantir une réponse au niveau de la menace ». Mais « je crains aujourd’hui que la capacité de réponse de la communauté internationale et des pays de la région ne soit pas suffisante face à la menace », a-t-il déploré.