L’Algérie refuse que sa crise diplomatique avec le Maroc soit à l’ordre du jour de la réunion de la Ligue arabe. C’est le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui l’a annoncé jeudi en marge de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères. 

« La question de la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc n’est pas et ne sera pas à l’ordre du jour de la réunion ministérielle, et la décision de rompre les relations diplomatiques ne fera pas l’objet d’une discussion ou d’une délibération. C’est une décision souveraine, définitive et irréversible », a tranché Ramtane Lamamra le jour de la tenue de cette réunion.

Pour expliquer cette position, le ministre algérien des Affaires étrangères a rappelé que la rupture des relations diplomatiques est intervenue après des agressions répétées du voisin marocain, particulièrement celle mettant en danger l’unité nationale. C’est ce qui lui fait dire que le Maroc est seul responsable de l’impasse dans laquelle se trouvent les relations entre les deux pays.

Ramtane Lamamra a, en fait, rappelé le soutien marocain exprimé publiquement au mouvement séparatiste de Kabylie. Mais surtout, l’Algérie risque de ne pas pardonner aux autorités marocaines les déclarations hostiles exprimées au Maroc du ministre israélien des Affaires étrangères, et ce, moins de deux semaines avant la décision de rompre les relations diplomatiques entre les deux pays.

En effet, le chef de la diplomatie israélienne a exprimé dans la capitale marocaine les inquiétudes d’Israël sur « le rôle joué par l’Algérie dans la région, son rapprochement avec l’Iran et la campagne qu’elle a menée contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine ». « Tout cela s’est passé au grand jour, et que prépare le Maroc en secret ? » s’est interrogé aussi Ramtane Lamamra qui a eu à commenter cette sortie médiatique du responsable israélien, en la qualifiant d’agression et de menace.