Alors que le polémiste Eric Zemmour, potentiel candidat à la présidentielle, remet sur le tapis la question des prénoms français en affirmant que s'il sera élu, il interdirait les prénoms étrangers à la culture française, la classe politique ne manque pas de rebondir sur le sujet. Le dernier en date est le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a lui aussi évoqué le sujet.

Lors de son passage samedi 11 septembre dans l'émission « On est en direct » sur France 2, Éric Zemmour, répondant à une question de l'animatrice, a affirmé que s'il gagnait aux élections présidentielles d'avril 2022, il instaurerait des mesures strictes pour limiter les prénoms musulmans et « limiter leur religion à la foi et à la pratique ». Il ajoute qu'un français peut donner le nom Mohamed « en 2e prénom ». Éric Zemmour précise qu’il voudrait rétablir la loi de 1803 sur les prénoms en France.

Éric Zemmour veut interdire les prénoms musulmans ou étrangers en France

Éric Zemmour est revenu à la charge sur RTL le 14 septembre, indiquant qu'il était nécessaire d'« interdire les prénoms étrangers » en général, « pas seulement musulmans », faisant référence à la nécessité de rétablir la loi sur les prénoms de 1803. Introduite par Napoléon, abrogée en 1993, elle a « parfaitement fonctionné » jusque-là, selon le polémiste.

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« Ce qui me gêne, c’est qu’au bout de 3 générations, on appelle encore ses enfants Mohamed. [Pour ces personnes], c'est une catastrophe parce qu'objet de discrimination. Je pense que c’est une erreur aussi d'autoriser les Kevin et Jordan », affirme Zemmour au micro de RTL.

« Je suis très fier que mon deuxième prénom soit Moussa », réplique Gerald Darmanin

Invité dans la matinée de ce jeudi 15 septembre sur RTL, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a été invité à revenir sur ses origines algériennes sur fond de la polémique concernant les prénoms lancée par Éric Zemmour. « Vous êtes ravi de vous appeler Gérald ou vous auriez préféré que votre deuxième prénom soit Moussa ? » a interrogé l'animatrice le ministre de l’Intérieur.

« Mon grand-père était harki. Il s'est battu en 1940 pour la France. Il a libéré Saint-Amand-Les-Eaux des Allemands, et dans trois semaines, j'ai l'honneur d'inaugurer une rue à son nom : adjudant-chef Moussa Ouaki », répond Gerald Darmanin. « Je suis très fier que mon deuxième prénom soit Moussa », ajoute-t-il.