Le président français Emmanuel Macron a rendu, le 20 septembre, hommage aux Harkis qui ont combattu durant la guerre d’Algérie aux côtés de l’armée française. Dans son discours à l’Élysée, Macron a « demandé pardon » aux Harkis au nom de la France et annoncé un projet de loi de « reconnaissance et de réparation » à leur égard. Le geste du chef de l’État français a fait réagir ce mercredi 22 septembre l’Algérie, à travers son ministre des Moudjahidine.

Lors d’une réception organisée le 20 septembre à l’Élysée en hommage aux Harkis qui ont combattu avec l’armée française durant la guerre d’Algérie, le chef de l’État français a présenté les excuses officielles de la France aux Harkis. « Aux combattants, je veux dire notre reconnaissance ; nous n'oublierons pas. Je demande pardon, nous n'oublierons pas » a déclaré Emmanuel Macron devant quelque 300 représentants de Harkis.

Ces excuses sont un nouveau pas pour le chef de l'État français, après celui de François Hollande, qui avait reconnu en 2016 « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis ».

« La France a manqué à ses devoirs envers les Harkis, leurs femmes, leurs enfants », a aussi jugé le chef de l’État. « Le gouvernement portera avant la fin de l’année un projet visant à inscrire dans le marbre de nos lois la reconnaissance et la réparation à l’égard des Harkis », a en outre annoncé Emmanuel Macron.

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« Le pardon de la France aux Harkis est une question purement française », estime le ministre des Moudjahidine

Face à ce geste du chef de l’État français sur un dossier en relation directe avec la guerre d’Algérie, les observateurs s’attendent à une réaction de la part des officiels algériens.

Une réaction qui est intervenue ce mercredi 22 septembre par la voix du ministre des Moudjahidine Laïd Rebigua. « Le pardon de la France aux Harkis est une question purement française qui ne concerne en rien l’Algérie », selon les propos du ministre rapportés ce mercredi par le quotidien arabophone Echorouk.

« Pas question de réconciliation au détriment de la mémoire nationale »

Le ministre a souligné, lors d’une déclaration a la presse , que « personne ne peut nous donner des leçons. La Révolution a tranché la question des Harkis et des Moudjahidine et ceux qui sont tombés en martyrs lors de la Guerre de libération nationale ».

Pour Laïd Rebigua il n'est « pas question de réconciliation au détriment de la mémoire nationale », affirmant que la relation de l’Algérie et la France repose sur « le principe du respect de l’histoire, de l’identité et de la mémoire nationale ».