Après avoir connu une croissance remarquable ces dernières années, le secteur touristique au Maghreb, à l’instar des autres régions du monde, a été lourdement impacté par la pandémie de Covid-19. Même si une lueur d’espoir commence à se dessiner suite à l’amélioration de la situation sanitaire, les choses semblent loin des années fastes du tourisme au Maghreb, d’avant la pandémie.

Les deux principaux hubs touristiques du continent africain que sont la Tunisie et le Maroc ont considérablement souffert des conséquences de la pandémie, selon une enquête réalisée le 12 octobre par Jeune Afrique. Ces pays d’Afrique du Nord bénéficient, en effet, du nombre d’infrastructures touristiques et de complexes hôteliers les plus importants du continent, précise la même source.

Le tourisme au Maghreb lourdement impacté par la pandémie de Covid-19

En Tunisie et au Maroc, le secteur touristique dans son entièreté (emplois directs et indirects) employait respectivement 370’000 personnes (soit 11 % de l’emploi total) et 1,35 million (12.3 % de l’emploi total) de personnes en 2019, contre 260’000 personnes (7,7 % de l’emploi total) et 929’300 (8,7 % de l’emploi total) personnes en 2020, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (UNTWO) repris par Jeune Afrique.

La Tunisie toujours loin de l’activité touristique normale

« 2021 est mieux que 2020, mais ça reste deux fois moins bien que 2019, à cause des contraintes liées au Covid-19 », affirme à l’AFP Haykel Akrout, directeur du luxueux hôtel Bel Azur à Hammamet. Après une flambée épidémique en juillet, son hôtel de 1000 lits a dû réduire de moitié sa capacité et la Tunisie s’est retrouvée en zone rouge pour toute l’Europe, d’où proviennent ses touristes habituels, surtout français, allemands et italiens.

La saison 2021 a connu « un très léger mieux. Mais, par rapport à 2020 – année catastrophique avec une régression de 80 % -, on est très loin de l’activité normale avec une augmentation de 11 % cette année (sic)», confirme à l’AFP Dora Milad, présidente de la Fédération hôtelière FTH. Les bonnes années comme 2019, avec 9 millions de nuitées, le tourisme a représenté jusqu’à 14 % du PIB, faisant vivre 2 millions de Tunisiens, selon la même source.

Le Maroc a connu en 2021 quatre fois moins de touristes qu’en 2019

Le Maroc a connu, après la réouverture des frontières mi-juin, une relative embellie. Le pays comptabilisait plus de 3,5 millions d’entrées fin août 2021 contre 2,2 millions un an plus tôt, mais quatre fois moins qu’en 2019 (13 millions), selon les chiffres de l’AFP. « La reprise a été particulièrement bonne dans les villes balnéaires. Mais elle a été ralentie par les restrictions imposées en août », explique à l’AFP Hamid Bentahar, président de la Confédération du tourisme au Maroc. Sous l’effet d’un pic épidémique, le Maroc a durci les restrictions sanitaires en limitant les déplacements vers les pôles touristiques de Marrakech et Agadir (ouest), précise-t-on.

En Algérie, 50’000 travailleurs du secteur du tourisme se retrouvent au chômage

En Algérie, où le tourisme intérieur fournit le plus gros contingent de visiteurs, l’activité des hôtels a « reculé à tout juste de 25 % (de la normale, NDLR) en raison de la pandémie de Covid-19 », qui a connu un pic en juillet, selon le président de la Fédération hôtelière (FNH), Ahmed Oulbachir.

Pour sa part, l’expert international en tourisme Said Boukhelifa a révélé, dans un entretien en mars dernier au site Algérie Eco, que plus d’un millier d’agences de voyages ont fermé en 2020, et un autre millier a suivi durant l’été 2021 à cause du Covid-19. Pour ce qui est des établissements hôteliers, l’expert évalue à 500 milliards de centimes leurs pertes, tandis que 50’000 travailleurs du secteur se retrouvent au chômage.