La question de la migration clandestine est devenue, ces derniers mois, le sujet brûlant de la politique de nombreux pays européens. Face aux flux incessants de migrants, venus notamment d'Afrique et de certains pays d'Asie et du Moyen Orient, plusieurs États de l'Union européenne (UE) ont décidé d'intensifier les surveillances à leurs frontières, en allant jusqu’à adopter les opérations de refoulement des migrants comme une politique systématique.

Devant cette situation, le Conseil de l'Europe a réclamé le 20 octobre à ses Etats membres de s'opposer aux « tentatives de légalisation » des refoulements aux frontières, rapporte l’AFP. Le Conseil de l'Europe, dont le siège est à Strasbourg en France, réunit les 47 États signataires de la Convention européenne des droits de l'Homme, dont chacun des 27 États membres de l'UE. Le Royaume-Uni reste également membre du Conseil de l'Europe, bien qu'il ait quitté l'Union Européenne lors du Brexit.

Le Conseil de l'Europe demande l'arrêt des refoulements des migrants aux frontières

« Il est temps que les gouvernements européens mettent un terme à toute initiative législative ou politique qui entraînerait une tentative de normalisation des refoulements », a indiqué le 20 octobre Dunja Mijatovic, la commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe dans une déclaration officielle reprise par l'AFP.

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« Les violations des droits de l'Homme à l'encontre des demandeurs d'asile aux frontières des États se sont multipliées à un rythme alarmant, en particulier le refus d'accès à l'asile et les retours sans garanties individuelles », s'inquiète ainsi Dunja Mijatovic. Elle a également rappelé aux États de l'UE leur devoir de solidarité dans l'accueil des réfugiés, estimant que l'absence de soutien mutuel créait une « puissante incitation pour les pays de première arrivée à repousser les migrants ».

Cette déclaration de la responsable du Conseil de l’Europe intervient alors que des refoulements de migrants ont été recensés dans plusieurs États membres de l'Union européenne ces derniers mois, notamment en Pologne, en Croatie, en Grèce et en Lituanie.

À ce propos, dans une lettre conjointe, les ministres de l'Intérieur de l'Autriche, de la Bulgarie, de Chypre, de la République tchèque, du Danemark, de l'Estonie, de la Grèce, de la Hongrie, de la Lituanie, de la Lettonie, de la Pologne et de la Slovaquie ont adressé, le 8 octobre à Bruxelles, une demande de financement pour construire des barrières à leurs frontières pour empêcher les migrants de pénétrer sur leur sol.