Un député européen tente de faire pression sur l'Algérie pour qu'elle revoie sa décision de ne pas renouveler l'accord d'approvisionnement en gaz de l'Espagne via le pipeline qui traverse le Maroc. En effet, Andrea Cozzolino, de nationalité italienne, appelle aussi l'Europe à faire pression sur l'Algérie à coups d'initiatives diplomatiques.

« L'annonce, par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, de la suspension des relations commerciales entre la société Sonatrach et l'établissement public marocain de l'ONEE, ainsi que le non-renouvellement de l'accord d'approvisionnement en gaz qui a expiré le 31 octobre, est une source de graves préoccupations », a en effet affirmé le député européen dans une déclaration datée le 3 novembre, mais rendue publique le samedi 6 novembre.

Dans son communiqué, Andrea Cozzolino, qui est aussi le président de la Délégation du Parlement européen pour les relations avec les pays du Maghreb (DMAG), veut expliquer que la décision algérienne pourrait avoir des répercussions sur l'Europe. Pour lui, « cet accord d'approvisionnement concerne directement, non seulement le Maroc, mais aussi l'Union européenne ». Le député ira plus loin en accusant carrément l'Algérie d'utiliser l'approvisionnement en gaz comme moyen de pression.

« Quelles que soient les raisons qui ont motivé une telle décision, l'utilisation de l'approvisionnement en gaz comme moyen de pression ne saurait constituer une solution appropriée. Ceci est particulièrement vrai dans la période actuelle de forte tension sur les prix de l'énergie, lorsque ce sont les citoyens européens qui risquent d'en faire les frais », a ajouté le député européen, faisant allusion à la possibilité que l'Algérie utilise l'approvisionnement en gaz comme moyen de pression contre les Européens.

En évoquant la qualité des relations euro-algériennes, Andrea Cozzolino appelle le gouvernement algérien à « reconsidérer cette décision et à reprendre la voie du dialogue ». « J'appelle également le Service européen d'action extérieure et la Commission européenne à engager une initiative diplomatique afin d'encourager les autorités algériennes à revoir leur décision », a-t-il ajouté pour conclure son texte.

Pour rappel, l’Algérie a décidé de ne pas renouveler le contrat d’exploitation du Gazoduc Maghreb Europe (GME) qui assurait le transport du gaz naturel algérien vers l'Espagne via le Maroc. C'est une idée qui est en l'air depuis plusieurs mois, mais la présidence algérienne l'a confirmée dans un communiqué diffusé dimanche 31 octobre, soit le jour de l'expiration du contrat en question.