Le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune a procédé le 11 novembre à remaniement ministériel partiel dans le gouvernement de son Premier ministre Aymen Benabderrahmane. Trois ministres ont été révoqués ; il s’agit du ministre de la Communication, de celui de l'Agriculture et du Développement rural et du ministre de l'Émploi et de la Sécurité sociale.

« En application des articles 91, aliéna 7 et 104 de la Constitution, et après consultation du Premier ministre, ministre des Finances, le Président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, a nommé Messieurs: Mohamed Abdelhafid Henni, ministre de l'Agriculture et du Développement rural en remplacement de M. Abdelhamid Hemdani. Mohamed Bouslimani, ministre de la Communication, en remplacement de M. Ammar Belhimer. Youcef Cherfa, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, en remplacement de Abderrahmane Lahfaya », indique un communiqué de la Présidence transmis le 11 novembre à l’APS.

Ammar Belhimer limogé, Mohamed Bouslimani désigné nouveau ministre de la Communication

L’annonce de ce remaniement ministériel a suscité de nombreuses réactions à propos des raisons ayant poussé le chef de l’État à limoger ces trois ministres. Pour de nombreux observateurs, c’est l’ensemble du gouvernement, piloté par Aymen Benabderahmane, qui devrait être changé au vu de la situation de crise que vit le citoyen algérien dans tous les secteurs. Hausse des prix des produits de consommation à l’image de la pomme de terre, érosion du pouvoir d’achat de la majorité des ménages, pénurie de médicaments, reprise des grèves dans le secteur de l’éducation, et la liste est longue.

Mais les réactions à ce remaniement dans trois ministères ont surtout ciblé celui de la Communication. Le limogeage d’Ammar Belhimer, en poste depuis janvier 2020, a suscité en effet de nombreuses réactions particulièrement chez les professionnels du secteur. Très critiqué par de nombreux acteurs des médias dans sa gestion et surtout de la dégradation des conditions d’exercice de la profession à tous les niveaux, le passage de Ammar Belhimer à la tête du ministère de la Communication est considéré par de nombreux observateurs comme une « catastrophe » pour le secteur.

Qui est Mohamed Bouslimani, le nouveau ministre de la Communication ?

Son successeur au poste n’est pas très connu sur le plan politique ni médiatique. En effet, aucune information n’est disponible sur la biographie du nouveau ministre de la Communication Mohamed Bouslimani. Selon quelques bribes d’informations sorties juste après sa nomination au gouvernement, Mohamed Bouslimani est un ancien cadre dans les secteurs de la Culture et de la Communication.

Bouslimani, 63 ans, est donc comme on dit dans le jargon médiatique « un enfant de la boîte » sans aucune attache partisane. Il a fait la majorité de sa carrière professionnelle dans l’administration du ministère de la Communication jusqu’à son départ à la retraite, en 2014, en qualité de secrétaire général, son dernier poste au sein de ce ministère. Il a été également membre du Conseil supérieur de l’information à son lancement au début des années 1990, avant sa dissolution en 1994.

Le nouveau ministre promet de « relever les défis majeurs » dans le secteur de la Communication

Le nouveau ministre de la Communication Mohamed Bouslimani a pris ce samedi 13 novembre à Alger ses nouvelles fonctions en remplacement d'Ammar Belhimer. Dans une déclaration reprise par l’APS, le nouveau ministre a affirmé que « la responsabilité de diriger ce secteur sensible est très lourde », affirmant qu' « après les efforts consentis auparavant en tant que cadre » dans le secteur, il « doublera d'efforts » pour s'acquitter de cette « tâche importante » et « relever les défis majeurs ».

Mohamed Bouslimani a appelé à « la fédération des efforts de tout un chacun » en vue de « poursuivre sur le chemin » de ses prédécesseurs au niveau d'un secteur, « en voie d'édification », et ce pour « se mettre au diapason des développements des technologies de l'information et de la communication (TIC) ». « La presse reste le miroir de chaque État. Et tout un chacun est appelé à contribuer au développement de ce secteur ». Appelant les médias « publics et privés à contribuer à la relance du secteur », M. Bouslimani a souligné qu' « un grand travail nous attend ».