Durant l'annĂ©e 2021, le volume des transferts de fond par les Ă©migrĂ©s vers leurs pays a connu une hausse significative, selon les chiffres de la Banque mondiale. Dans la rĂ©gion du Maghreb, c'est la diaspora marocaine qui occupe la premiĂšre place en matiĂšre de transferts de fonts, trĂšs loin devant les Tunisiens et les AlgĂ©riens. Concernant ces deux derniers pays, la Banque Mondiale a indiquĂ© que les transferts des migrants tunisiens sont de l'ordre de 2,2 milliards de dollars, et ceux de la diaspora algĂ©rienne sont estimĂ©s Ă  1,8 milliards, soit un bond de 15,2 % pour les deux pays par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre.

Cependant, il faut signaler que ces chiffres concernent seulement l'argent transfĂ©rĂ© par le circuit officiel. En rĂ©alitĂ©, le niveau des transferts de fonds des Ă©migrĂ©s vers l’AlgĂ©rie est beaucoup plus important que celui captĂ© par les statistiques de la Banque mondiale. Le circuit informel, sur lequel repose une grande partie de l'Ă©conomie algĂ©rienne, demeure un canal d’exĂ©cution privilĂ©giĂ© pour l’envoi des fonds, malgrĂ© l'amĂ©lioration des services financiers offerts par les banques.

Les AlgĂ©riens font appel Ă  ces circuits informels pour d'une part gagner au change (Ă©tant donnĂ© que le taux du marchĂ© noir est plus intĂ©ressant que celui du marchĂ© officiel) et d'autres part pour palier aux lenteurs et aux complications des procĂ©dures bancaires en AlgĂ©rie. Ces derniĂšres poussent en effet certains membres de la communautĂ© algĂ©rienne Ă©tablie Ă  l’étranger Ă  privilĂ©gier le circuit informel au canal bancaire.

Le secteur prend dĂ©sormais une une place prĂ©pondĂ©rante dans l'Ă©conomie algĂ©rienne. L'argent gĂ©nĂ©ré  ou circulant sur ce circuit Ă©chappe Ă  toute mesure rĂ©elle. Selon les donnĂ©es de la Banque d’AlgĂ©rie, rendues publiques le 1er mars 2021, une hausse consĂ©quente de la masse monĂ©taire circulant en dehors du secteur bancaire a Ă©tĂ© observĂ©e. Cette masse aurait atteint 6140,7 milliards de dinars (prĂšs de 60 milliards de dollars) Ă  la fin de l’annĂ©e 2020.

Ainsi, le vĂ©ritable apport de la communautĂ© algĂ©rienne Ă©tablie Ă  l’étranger est difficilement mesurable. le circuit informel Ă©chappant Ă  tout contrĂŽle, il est certain que les chiffres rĂ©els dĂ©passent de trĂšs loin les chiffres annoncĂ©s par la Banque mondiale. Pour capter ne serait-ce qu'une partie de ces fonds incontrĂŽlables et incontrĂŽlĂ©s, il est urgent que des succursales de banques algĂ©riennes soient installĂ©es Ă  l'Ă©tranger, notamment en France. Un projet dont les gouvernement successifs ont souvent parlĂ© sans que cela ne soit concrĂ©tisĂ©.