La Libye s’apprête à vivre le 24 décembre prochain son premier scrutin présidentiel dans l’histoire. Un scrutin qui intervient dix années après la chute de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi qui avait régné sans partage durant quatre décennies sur ce vaste pays du Maghreb.

Cette première élection présidentielle dans l’histoire de la Libye viendra surtout pour mettre fin à l’instabilité qui a marqué la chute du clan Kadhafi en 2011, suite à la révolte populaire qui avait engendré par la suite un véritable chaos dans le pays. La lutte pour le pouvoir entre différents clans et tribus à cause des milliers de morts et la destruction de l’économie de la Libye.

C’est pour dire que la majorité du peuple libyen voit en cette élection présidentielle un espoir de mettre fin au chaos engendré par les dix dernières années de guerre civile et surtout enterrer définitivement le système dictatorial incarné par l’ancien « guide suprême de la Jamahiriya » Mouammar Kadhafi.

98 candidats, dont Saïf al-Islam Kadhafi, ont déposé leurs candidatures à la l’élection présidentielle

Mais il ne fallait pas vite entrer les pros Kadhafi et les nostalgiques de l’ancien système, très présents dans les rouages de l’État et au sein d’une partie de la population. Ces derniers caressent le rêve de retrouver le pouvoir à travers l’un des fils de l’ex-dictateur à l’occasion de cette élection présidentielle.

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En effet, Saïf al-Islam Kadhafi, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi pendant son règne, a décidé de se présenter aux élections présidentielles du 24 décembre en Libye. Cette candidature, soutenue par les nostalgiques des années du Guide malgré la nature autocratique de l'ancien régime libyen, est devenue une réalité le 14 novembre. Le fils de Mouammar Kadhafi a officiellement déposé son dossier de candidature dans la ville de Sebha. Il lui a également été délivré sa carte d’électeur.

La candidature du fils de Mouammar Kadhafi officiellement rejetée par la Commission électorale

La candidature du fils de l’ancien dictateur a été mal accueillie par une bonne partie de la population libyenne. Plusieurs manifestations ont eu lieu au lendemain de l’annonce de cette candidature pour réclamer son invalidation. Une mission qui incombe à la Haute commission électorale libyenne (HNEC) désignée pour traiter les dossiers des candidats.

La HNEC, qui a reçu 98 dossiers de candidatures à la date limite fixée pour le 22 novembre, a rendu le 24 novembre son verdict à propos de cette longue liste de postulants. La Commission a ainsi tranché par le rejet de 25 dossiers dont celui de Saïf al-Islam Kadhafi. La Haute Commission électorale a expliqué dans un communiqué avoir « rejeté ces candidatures sur la base de plusieurs textes de loi ainsi que de lettres qui lui ont été adressées par le procureur général, le chef de la brigade criminelle de la police et le président de la Direction des passeports et de la nationalité ».