Les femmes algériennes continuent de subir toutes sortes de violences. La législation condamnant ces violences demeure insuffisante selon l'ONG Amnesty International. Cette dernière a appelé, le 24 novembre, la vielle de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les autorités algériennes à « agir de toute urgence pour mettre fin aux féminicides ». 

Ainsi, Amnesty International rappelle dans un communiqué rendu public que, depuis le début de l'année 2021, l’Algérie a connu au moins 49 féminicides, contre 54 durant l’année 2020. L'ONG souligne que ces chiffres « sont largement en dessous de la réalité, selon les organisations de défense des droits des femmes, car ils représentent seulement le nombre de cas qui ont pu être recensés ». Amnesty International regrette que « malgré l’horreur de ces crimes et la mobilisation d’associations, d’artistes ou de l’opinion publique durant toute l’année, les autorités algériennes n’ont pas condamné publiquement ces féminicides, assassinats de femmes au simple motif qu’elles sont des femmes ».

L'organisation de défense des droits humains appelle à des solutions urgentes pour mettre fin à ce phénomène « au vu de la gravité de la situation, que le gouvernement protège les femmes et s’engage à prendre toutes les mesures pour mettre fin à ces féminicides ». Elle demande aux autorités algériennes de « s’assurer que les responsables présumés des féminicides et de toutes les autres formes de violences contre les femmes soient traduits en justice », l’ONG appelle également à « prendre les mesures nécessaires pour permettre aux femmes victimes de violences d’accéder à la justice en toute sécurité, de bénéficier d’hébergements adaptés, d’une aide psychosociale et d’un soutien juridique ».

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Amnesty International estime qu'il faut mener des campagnes de sensibilisation contre les violences à l’encontre des femmes

Amnesty International préconise d’adopter une approche globale pour lutter de manière efficace contre toutes les formes de violences à l’encontre des femmes, « approche qui jusqu’à maintenant, selon l’organisation, est restée fragmentaire et symbolique ». Elle s’interroge sur l’absence de campagnes de sensibilisation contre les violences à l’encontre des femmes alors que les autorités algériennes mènent régulièrement des actions de sensibilisation sur diverses thématiques (anti Covid-19, accidents de la route, tabagisme…). « Chaque année, des vies de femmes sont brisées dans une quasi-indifférence, au seul motif qu’elles sont des femmes », dénonce l'ONG.

Il faut souligner que malgré leur criminalisation depuis près de 6 ans, les violences à l’égard des femmes ne cessent d’augmenter d’année en année. Les chiffres officiels sont loin de refléter la réalité étant donné que de nombreuses femmes ne portent pas plainte.  Officiellement, durant les neuf premiers mois de l’année en cours, les services de la Sûreté nationale ont révélé le nombre de 33 femmes assassinées – auquel il faut ajouter celui de 9 tentatives d’assassinat – alors que la Gendarmerie nationale a fait état de 29 autres femmes tuées. Ce qui donne un total de 62 femmes ayant perdu la vie suite à des violences. Un chiffre qui inquiète lourdement, d’autant que chaque année, il connaît une progression préoccupante.