Deux Français de confession musulmane se retrouvent devant la justice pour avoir crié « Allah Akbar » dans un magasin. C’est une affaire peu ordinaire que vient de relater, le 29 novembre l’agence de presse française, AFP. Deux hommes de 38 et 52 ans, qui résident à Saint-Etienne, sont poursuivis pour « violence en réunion avec préméditation » ayant entraîné une incapacité temporaire travail (ITT) de 30 jours chez un client qui s’est fracturé une épaule en chutant lors de l’évacuation du magasin situé à Saint-Étienne.

L’affaire remonte au 7 juin dernier lorsque deux hommes de confession musulmane qui déambulaient dans un supermarché à Saint-Etienne avaient attiré l’attention des services de sécurité en raison de leur accoutrement. Le plus âgé des deux hommes, appartenant à la mouvance rigoriste Tabligh, s’est agenouillé dans une allée du magasin récitant des versets du coran en levant les bras et criant à trois reprises « Allah Akbar », rapporte l’AFP.

Deux hommes en tenue islamique sèment la panique dans un magasin en criant « Allah Akbar »

La scène avait provoqué un mouvement de panique dans le magasin et le personnel avait invité les quelque 150 personnes présentes à évacuer les lieux, avant d’appeler la police, car on redoutait un acte terroriste. L’alerte avait été levée un peu plus tard après l’intervention du service de déminage, précise la même source.

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Présenté devant la justice, l’un des deux mis en cause a nié toute intention de recourir à un acte terroriste. « On était en pleine discussion dans le contexte du Covid, en se réjouissant que des églises du Nord de la France rouvrent leurs portes, ma prière dans le magasin a été une réaction émotionnelle qui venait du cœur. J’étais en extase, c’était une invocation pas un cri de guerre », a soutenu à la barre le plus âgé, rapporte l’AFP.

Une année de prison avec sursis requise contre les deux hommes qui ont semé la panique dans un supermarché

L’auteur des cris a été déjà cité dans une affaire similaire en 2016 dans une église de Lyon, selon le représentant du parquet. « Cela ne vous a apparemment pas servi de leçon. Nous vivons sous le régime de la laïcité qui impose de pratiquer la religion en privé et ne pas faire de prosélytisme dans l’espace public. J’attends qu’on n’entende plus parler de vous », a indiqué le procureur André Merle à l’adresse de celui qui avait crié « Allah Akbar ».

Le procureur a requis la même peine d'une année de prison avec sursis pour les deux hommes, le plus jeune, qui travaille comme livreur, avait déjà été condamné à trois mois de prison avec sursis pour violence conjugale en 2017. Le jugement a été mis en délibéré au 20 décembre, selon la même source.