La France est souvent citée comme un exemple en matière de liberté d’expression, y compris sur la critique des religions. Une liberté qui a parfois poussé certains à tenir des propos jugés diffamatoires, comme c’est le cas avec ce professeur qui vient d’être suspendu par son université pour avoir tenu des propos jugés islamophobes.  

Un professeur d’allemand à l’université Sciences Po de Grenoble a été suspendu de ses fonctions par la direction, qui lui reproche d’avoir tenu des propos jugés islamophobes, ont rapporté plusieurs médias français, le 20 décembre. Le professeur Klaus Kinzler a été accusé d’avoir tenu des propos contre l’islam à l’occasion d'une journée de débats, intitulée « racisme, antisémitisme et islamophobie », tenue fin 2020 à Sciences Po Grenoble.

Des propos qui avaient suscité de nombreuses réactions dans la classe politique en France, entre soutiens et critiques pour le professeur. D’ailleurs, le 4 mars 2021 un groupe d’étudiants de Sciences Po Grenoble a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour dénoncer à travers des affiches le professeur Klaus Kinzler en l’accusant « d'islamophobie ». Des attaques condamnées à l’époque par la direction de Sciences Po Grenoble avant que cette dernière ne décide finalement de suspendre le professeur en question.

Klaus Kinzler a traité l'IEP de Grenoble d'un institut « de rééducation politique »

En effet, dans un arrêté de suspension divulgué le 20 décembre par Le Figaro, la directrice de l’Institut d’Études politique (IEP) de Grenoble reproche au professeur Klaus Kinzler d’avoir tenu des propos diffamatoires dans de nombreux médias. Le professeur d'allemand, qui est suspendu pour une durée de quatre mois a, selon la directrice de l’IEP, « gravement méconnu à plusieurs obligations », notamment en matière de « discrétion professionnelle », écrit-elle dans l'arrêté.

Dans ses interviews, accordés à la chaine CNews, à l’hebdomadaire Marianne et au quotidien l’Opinion, le professeur Klaus Kinzler a décrit l'IEP de Grenoble comme un institut de « rééducation politique » et a accusé certains de ses collègues d' « endoctriner les étudiants », et la direction de l'IEP de « laisser faire ». Des propos jugés diffamatoires par sa direction, qui a décidé de le suspendre pour une période de quatre mois.

Il est suspendu pour quatre mois par la direction de son université

La décision de suspension du professeur par son université n’a pas été sans faire réagir de nombreux hommes politiques, à commencer par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. Ce dernier a décidé en effet de suspendre les financements accordés par sa Région à l’IEP de Grenoble, estimés à 100'000 euros par année. Laurent Wauquiez justifie dans un communiqué sa décision par une « longue dérive idéologique et communautariste », qui vient selon lui de « franchir un nouveau cap » avec la suspension de l'enseignant.

Selon Laurent Wauquiez, « une minorité a confisqué le débat » au sein de l'établissement, « sans que la direction ne prenne la mesure de cette dérive préoccupante ». La décision du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a été saluée par le candidat à la prochaine présidentielle, Éric Zemmour. « Laurent Wauquiez a parfaitement compris comment couper court à l'infiltration de nos grandes écoles par l'islamo-gauchisme : en commençant par fermer le robinet du financement public », écrit Éric Zemmour dans un tweet publié le 20 décembre.