La Banque mondiale a dressé, dans son dernier rapport intitulé « Redresser l'économie algérienne après la pandémie », un constat sur la situation économique de l’Algérie. L'institution financière a analysé les différentes facettes de l'économie algérienne telles que la dette publique, la Pauvreté et aussi le marché du travail en Algérie.

Pauvreté en Algérie

Dans ce rapport, la Banque mondiale affirme que la situation économique de l’Algérie, malgré quelques avancées, reste critique. Ainsi, en ce qui concerne la pauvreté, l’amélioration de la situation de l’algérien sur ce plan reste nuancée. Le rapport constate que « le taux de pauvreté multidimensionnelle en Algérie est passé de 2,1 à 1,4 % entre 2013 et 2019 ». L’indicateur de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) est une approche non monétaire permettant de mesurer le niveau de privation en se concentrant sur trois grandes dimensions : la santé, l’éducation et les conditions de vie.

Le rapport explique que « la baisse de l’IPM s’explique par l’amélioration de la santé, de l’éducation et des conditions de vie de la population. Le pourcentage de personnes vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle a lui aussi baissé de 5,8 à 3,6 %. Le taux de pauvreté multidimensionnelle de l’Algérie (1,4 %) est meilleur que celui de ses voisins régionaux, l’Égypte (5,2 %),l’Irak (8,6 %) et le Maroc (6,1 %), mais plus bas que le taux de pauvreté comparativement faible de la Tunisie (0,8 %) ».

Sur ce sujet, le rapport a conclu qu'en Algérie « les pauvres se concentrent dans la région pauvre des Hauts plateaux Centre (32 % d’entre eux), mais aussi dans les régions moins pauvres du Nord-Centre et Nord-Ouest. Ils vivent principalement dans les zones rurales et ont souvent des familles plus nombreuses que les Algériens plus aisés. Le niveau d’éducation d’un chef de ménage pauvre est probablement très faible, voire nul. Les pauvres n’ont toujours pas accès à Internet et manquent de biens importants, tels qu’une voiture ».

Dette publique : rachat de créances d’une valeur excédant les 15,3 milliards USD

Concernant la dette publique, la Banque mondiale affirme dans son rapport que « la dette publique explose en 2021, alors que le Trésor met en œuvre un programme massif de rachat de créances pour soutenir le secteur public. En 2020, le Trésor a financé un déficit budgétaire global considérable en utilisant les reliquats du financement monétaire du programme 2017–2019 et les liquidités des entités publiques ».

Ce rapport indique que « la dette publique officielle du gouvernement central est restée stable, atteignant 49,8 % du PIB fin 2020. Au premier semestre 2021, les autorités ont commencé par demander des avances à la Banque d’Algérie (BdA), entraînant une augmentation temporaire des passifs envers la BdA ». La Banque mondiale souligne également qu' « en juillet 2021, elles (les autorités, NDLR) ont lancé un vaste programme de rachat de créances d’une valeur excédant les 15,3 milliards USD, rachetant les dettes des entreprises publiques en difficulté envers les banques publiques en échange d’obligations du Trésor ».

La Banque mondiale explique que « pour compenser les banques publiques, un Programme spécial de refinancement (PSR) a permis à la BdA de leur fournir un financement en échange de la remise en garantie des bons du Trésor acquis dans le cadre du programme de rachat de créances. Ces banques ont ensuite réinvesti la majorité de ces fonds dans des obligations du Trésor ». Ce rapport conclut qu' « en conséquence, la dette publique interne a augmenté de 12,9 % entre fin 2020 et fin juillet 2021. Dans le même temps, les passifs publics envers les banques se sont accrus de 907 milliards DZD entre décembre 2020 et juillet 2021, et de 1 002 milliards DZD au seul mois d’août 2021 ».

Marché du travail en Algérie

« Les indicateurs du marché du travail sur les deuxième et troisième trimestres indiquent une sortie progressive de la récession induite par la Covid-19. Après que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) a augmenté pendant 6 trimestres consécutifs dans toutes les catégories de compétences, il s’est contracté aux 2e et 3e trimestres 2021 », indique le rapport de la Banque mondiale. Cependant le même rapport affirme qu' « à l’issue des 8 premiers mois de 2021, le nombre d’offres d’emploi publiées par l’ANEM en 2021 restait inférieur de 9,9 % au niveau du 8e mois de 2019, avec les plus forts écarts enregistrés dans les secteurs de l’agriculture (-21,8 %) et de la construction (-17,7 %) ». La Banque mondiale constate également une amélioration dans ce domaine. « Néanmoins, le nombre d’offres d’emploi par demandeur d’emploi inscrit s’améliore, même s’il reste nettement inférieur à son niveau pré-pandémie, suggérant une reprise incomplète en 2021 », conclut le rapport.