La situation des droit de l'Homme en Afrique du Nord est peu reluisante. Les rapports des organisations locales et internationales se succèdent pour mettre la lumière sur les atteintes à la liberté d'opinion et d'expression et à la liberté de la presse dans cette région. En ce qui concerne le Maroc, l'ONG Human Rights Watch a publié un rapport accablant sur la situation des libertés dans le Royaume chérifien.

En effet, dans son rapport publié le 13 janvier, Human Rights Watch a souligné la régression des libertés au Maroc. L'ONG affirme que les autorités marocaines enferment les journalistes dissidents via des affaires de droit commun. Elle ajoute que les autorités marocaines continuent à maintenir des lois liberticides et discriminatoires et étouffent les activistes indépendantistes au Sahara occidental.

Human Rights Watch indique dans son rapport que bien que le code de procédure pénale accorde à toute personne prévenue le droit de contacter un avocat au bout de 24 à 36 heures de garde à vue, « les personnes détenues n'ont pas le droit à la présence d'un avocat lors de leur interrogatoire par la police ou lors de la signature de leur déposition ».

Elle constate que « les agents de police ont fréquemment contraint ou trompé des personnes détenues pour les faire signer des déclarations auto-incriminantes, sur lesquelles des juges se sont appuyés par la suite pour les condamner, même lorsque les personnes accusées réfutaient ces aveux lors d'audiences de leurs procès ».

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L'ONG relève « qu'au 15 septembre 2021, les autorités avaient refusé d'entériner les démarches administratives de 84 des 99 antennes locales » de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH). Ainsi, l'AMDH se retrouve limitée dans sa capacité à effectuer certaines démarches de base, comme l'ouverture d'un compte en banque ou la location d'une salle. Le rapport ajoute que « ces entraves ont persisté même après que des tribunaux administratifs ont statué en faveur de l'AMDH ».

Le Maroc, Pegasus et les atteintes à la liberté de la presse

Par ailleurs, en ce qui concerne l'exercice de la liberté d'expression, HRW rappelle que plusieurs médias internationaux ont révélé que le logiciel espion Pegasus, mis au point par l'entreprise israélienne NSO Group, aurait été utilisé pour infiltrer les téléphones portables de nombreux individus au Maroc, dont des journalistes et des défenseurs des droits humains marocains.

L'ONG a également cité, dans son rapport, des exemples d'individus emprisonnés pour leurs opinions, tels que le youtubeur maroco-américain Chafik Omerani et le militant Noureddine Aouaj, qui ont été condamnés respectivement à 3 mois et 2 ans de prison pour « outrage à des institutions constitutionnelles » après avoir critiqué le roi Mohammed VI. L'affaire de Ikram Nazih, condamnée à trois ans de prison pour « atteinte à la religion islamique », a également été rappelée.

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Ainsi, le Maroc « a arrêté, poursuivi et emprisonné plusieurs détracteurs non pas directement pour leurs propos, mais pour des délits sexuels ou des détournements de fonds, alors que les preuves étaient maigres ou douteuses ou que les procès étaient entachés de violations manifestes du droit à un procès équitable », indique le rapport de Human Rights Watch.