Le président français Emmanuel Macron semble accorder une importance particulière au dossier de la mémoire, en particulier concernant la Guerre d'Algérie. Depuis son accession à l'Élysée, Emmanuel Macron a multiplié les gestes de reconnaissances envers les acteurs, en France et en Algérie, de cette tragédie qui a clôturé les 132 ans de la présence coloniale française en Algérie.

Près de 60 ans après la fin de la Guerre d'Algérie, le président Emmanuel Macron continue à surfer sur cette page noire des relations entre la France et l'Algérie. Tantôt en dénonçant certains faits liés aux « crimes » commis par la France durant la Guerre d'Algérie, tantôt en rendant hommage à ses concitoyens et aux Algériens qui étaient engagés dans l'armée coloniale au profit d'une Algérie française.

Après avoir rendu un vibrant hommage en septembre dernier aux harkis, ces supplétifs algériens de l'armée française durant la guerre d'Algérie, en leur présentant les excuses officielles de la France, le président Emmanuel Macron s'apprête à effectuer un geste de reconnaissance en direction des pieds-noirs. Il s'agit de ces descendants d'Européens – majoritairement français – qui se sont installés en Algérie pour en faire une colonie. Ils avaient été rapatriés en France après l'indépendance de l'Algérie.

Guerre d'Algérie : Emmanuel Macron va rendre hommage aux pieds-noirs

Dans un communiqué publié ce mardi 25 janvier 2022, la présidence de la République française a annoncé que « le président Emmanuel Macron va faire un geste mémoriel mercredi 26 janvier 2022, envers les rapatriés d'Algérie qui portera sur la fusillade de la rue d'Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l'Algérie française furent tués par l'armée en mars 1962 ».

Le président français va porter « une parole de reconnaissance » lors d'une rencontre avec des associations de rapatriés d'Algérie à l'Elysée, a indiqué le communiqué de la présidence française. « Un des points saillants du propos du président de la République tournera autour de ce qui s'est passé le 26 mars à Alger, rue d'Isly », a ajouté la présidence.

Pour rappel, une semaine après la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, en Algérie, des manifestants civils français partisans de l'Algérie française, qui tentaient de rejoindre le quartier de Bab El-Oued à Alger, avaient été mitraillés au niveau d'un barrage tenu par l'armée française. La fusillade aurait fait une cinquantaine de morts parmi les manifestants, selon différentes sources à l'époque des faits.