À l'ère des nouvelles technologies qui permettent à toute personne de prendre la parole pour s'adresser aux autres, les réseaux sociaux sont devenus un moyen d'endoctriner la jeunesse. Des islamistes ont investi ces réseaux afin de répandre leurs discours radicaux.

TikTok, l'eldorado des influenceurs islamistes

En effet, des influenceurs, qui se présentent comme musulmans, utilisent les réseaux sociaux comme TikTok pour réglementer tous les détails de la vie et pour se prononcer sur des questions liées à l'islam sans qu'ils soient de véritables connaisseurs dans le domaine.

TikTok est devenu le terrain de chasse de ces influenceurs, qui arrivent – par de courtes vidéos – à rallier a leurs causes des millions de jeunes peu connaisseurs du fait religieux. Ils s'adressent notamment aux « musulmans par tradition » nés dans des pays occidentaux, souvent en manque de repères culturels.

Prédicateurs 2.0

Cette nouvelle génération de prédicateurs musulmans, qui a émergé sur TikTok depuis 2020, va sous les pseudos « Ilhan.st », « Comprends Ton Dîne », « Savoir Islam », « Hicham R2F », « AbuayahTV », « Ismaël Abou Nour ».

Ces influenceurs arrivent à convaincre les jeunes avec de très courtes vidéos sur des thèmes qui nécessitent de la nuance étant donné qu'ils ne font pas même pas l'unanimité entre les savants musulmans.

Dans leurs vidéos taillées pour la viralité, ils mélangent sermons, traits d'humour, mises en scène, références à la culture pop et emprunts au langage du développement personnel.

Ces prédicateurs 2.0 se cachent derrière une communication moderne pour diffuser un discours rigide, voire rigoriste, sur ce qui est halal et haram (licite et illicite). Ils influencent les jeunes dans le quotidien ou dans les relations, en particulier avec les femmes.

Ces tiktokeurs ont choisi le parti pris littéral dans l'approche de la tradition islamique et installent aujourd'hui leur hégémonie sur le réseau social.

Dans leurs approches à la religion, ces influenceurs se concentrent sur les détails de la vie quotidienne avec des raccourcis faciles. Ils considèrent par exemple que se raser la barbe est haram (illicite), alors que la question n'est pas tranchée par les savants.

Ces nouveaux prédicateurs interdisent de « regarder les femmes » ou s'embrasser avant le mariage ou même d'avoir des copines ou copains. « Faire la bise ou des câlins à sa cousine du sexe opposé » n'est « pas halal » également pour eux. Ils affirment que le port du voile est une obligation, alors que des savants ont un autre point de vue.

Une façon moderne d'atteindre les société occidentale ?

Ces tiktokeurs, qui s'adressent surtout aux musulmans en Occident, incitent leurs suiveurs à ne pas célébrer Noël, de même que mettre un sapin chez soi. C'est aussi valable pour le Nouvel An, qu'il ne faudrait pas célébrer pour « ne pas ressembler aux non-croyants », qu'ils qualifient de « koufar » (mécréants).

Il faut dire que ce phénomène, qui prend de l'ampleur, nuit avant tout à l'islam, avant de toucher les sociétés occidentales. Il contribue à l'isolement des musulmans et à leur stigmatisation, dans un contexte où les extrémistes sont de plus en plus visibles et médiatisés.