Les questions de l'immigration clandestine, de l'asile et de la perméabilité des frontières européennes risque de peser dans les relations entre les pays membres de l'espace Schengen. La Suisse a de tout temps plaidé pour une solution à « l'échelle européenne et une répartition équitable » des responsabilités entre les États Schengen des problèmes de l'asile et de la migration. Cependant, les Helvétiques menacent de quitter cet espace en cas du refus du renforcement du Frontex.

Ainsi, la Suisse exige le renforcement de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne, surnommée Frontex (forme abrégée de « Frontières extérieures »). La conseillère fédérale en charge du Département fédéral de justice et police, Karin Keller-Sutter, a annoncé aux ministres de l'Intérieur de l'UEque la population suisse se prononcera mi-mai sur le renforcement de Frontex. Un non au référendum signifierait un « retrait inéluctable » de l'espace Schengen,

Karin Keller-Sutter a profité de la session de discussions entre ces ministres pour les informer que le renforcement de Frontex, qui est au cœur du système, fera l'objet d'un référendum le 15 mai prochain. « J'avais l'impression qu'ils étaient plutôt surpris de cette annonce, parce qu'ils n'étaient pas du tout au courant », a déclaré Karin Keller-Sutter. Une information qualifiée par la présidence française de mauvaise nouvelle.

La présidence française de l'UE dans l'embarras

En effet, un refus de renforcer Frontex aboutirait à un retrait quasi-inéluctable de la Suisse de l'Agence, affirme la conseillère fédérale. « S'il y a un non à Frontex, il est clair qu'on va devoir quitter l'espace Schengen-Dublin », a-t-elle martelé, expliquant qu'« il y a un mécanisme qui est très clair. Il faut voir que Frontex est un pilier important pour l'Union européenne. Et deuxièmement, c'est un développement obligatoire à reprendre par un État associé comme la Suisse. Si on ne le fait pas, il y a des conséquences ».

Cette décision met les autres membres de l'espace Schengen dans une situation embarrassante. Selon les accords, la Suisse et ses partenaires de Schengen auraient 90 jours pour trouver une solution commune. Un délai extrêmement court. En cas d'échec, la Suisse cesserait de participer à Frontex 3 mois plus tard.

La présidence française de l'UE, qui fait face à ses premiers couacs, affirme « miser sur le débat démocratique toujours très vif en Suisse pour s'interroger sur la meilleure manière d'améliorer Frontex, plutôt que d'en sortir ».