Il est au centre de débats et de polémiques en cette période de compagne électorale en France. Pour certains, l'islam est incompatible avec la démocratie ; serait lié avec le radicalisme et aussi le terrorisme. Pour d'autres, c'est une religion de paix et de tolérance. Ce qui est sûr, c'est que cette religion ne laisse pas les Français indifférents. C'est dans ce contexte que le siège de l'UNESCO à Paris a accueilli, les 16 et 17 de ce mois de février, un cycle de conférences sur l'islam.

Ce cycle de conférences est organisé par l’association l’Islam au XXIe siècle, présidé par Sadek Beloucif, professeur des universités. Pour cette 2e édition, les organisateurs ont choisi de se pencher sur « Islam et identités : entre culte et cultures ».

Les conférences ont été animées par des professeurs et chercheurs en islamologie et en sciences humaines. Ces conférenciers ont tenté – pendant ce cycle – d’éclairer les présents sur les richesses de cette religion, mais surtout sur sa pluralité.

Mme Eva Janadin, imame à Paris et déléguée générale de l’association, explique que la création de celle-ci a pour objectif « de mettre en valeur le pluralisme de l’islam, car il y a différents courants et différentes manières de l’aborder. Notre objectif est précisément de faire connaître cette pluralité pour informer et transmettre les connaissances au plus grand nombre, non seulement pour les musulmans, mais aussi pour les non-musulmans, afin d’apprendre à mieux se connaître mutuellement ».

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L’islam se transforme avec le temps

La déléguée de l'association souligne que le choix de l'intitulée « Islam du XXIe siècle » répond à un besoin de « faire un état des lieux, de comprendre, dans notre siècle, comment l’islam se transforme, bouge ou ne bouge pas, comment les musulmans interprètent l’islam au XXIe siècle, de la manière la plus radicale, rigoriste et parfois violente à la manière la plus libérale, progressiste et universaliste ».

Elle a également indiqué que l'association vise à « offrir une tribune aux musulmans qui cherchent à aborder la religion d’un point de vue plus objectif grâce à l’apport des sciences humaines et sociales ». Mme Eva Janadin explique qu'« une culture, qu’elle soit religieuse ou autre, dépérit si elle n’évolue pas. C’est vital et je pense que le Coran nous offre suffisamment de ressources pour réfléchir sur les finalités de l’éthique coranique ».

De son côté, Abdenour Bidar, docteur en philosophie, normalien et écrivain, affirme que « l’islam est une civilisation, et une civilisation, ça bouge lentement. Je pense que nous sommes dans des siècles de transition. Il y a quelque chose qui est en train de chercher une régénération de l’islam, c’est difficile, c’est chaotique, mais notre responsabilité est d’y travailler à toutes les échelles, ça commence par la famille, l’éducation transmise, le savoir, et tous les espaces dans lesquels on peut discuter de nos vies spirituelles, de la façon la plus moderne, avec une liberté de pensée et de changement, et on doit s’aider les uns les autres dans cette aventure de la liberté spirituelle et politique ».

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Il faut souligner que ce cycle de conférence vise également à couper l'herbe sous les pieds des radicalisés, qui instrumentalisent cette religion pour embrigader les jeunes Français de culture musulmane. Des conférences qui sont aussi une réponse aux candidats à la présidentielle française qui font de « la haine de l'islam » leur fonds de commerce pour raviver des luttes de « civilisations ».