À quelques mois de la présidentielle française, l'extrême droite impose ses thèmes de campagne. L'immigration, la question de la colonisation de l'Algérie et la place de l'islam en France sont les thèmes qui sont quotidiennement développés dans cette campagne qui prend des allures de tribunal pour les immigrés et les « étrangers ». Dans cette surenchère, les républicains emboîtent les pas à Marine Le Pen et Éric Zemmour ; les représentants de la droite dans ces élections. 

Ainsi, les candidats sont en concurrence sur la stigmatisation des immigrés, notamment ceux d'Afrique du Nord. Ils redoublent également d’ingéniosité sur les propositions concernant l'arrêt du flux migratoire, qui représente pour la majorité des candidats, la source de tous les maux de la France. Dans cette course folle à la libération de la parole raciste, l'Algérie revient souvent dans les débats entre les candidats potentiels, dans un contexte de tensions entre les deux pays.

Cette campagne aux allures de rendements de compte avec les immigrés d'origine de l'Afrique du Nord, notamment l'Algérie, l'extrême droite n'a plus le monopole. En effet, les candidats de la droite traditionnelle se joignent aux courant radical et s'alignent sur leurs positions extrémistes. Ainsi, les candidats républicains, à savoir Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin s'accaparent des thèmes d'extrême droite et surenchérissent sur les mesures à prendre contre les immigrés dans le cas ou ils sont choisis par leurs militants pour représenter la droite aux présidentielle.

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Des accords franco-algériens de 1968 à l'« immigration »

Xavier Bertrand, a récemment promis, s’il est élu, de faire en sorte que les dirigeants algériens « respectent » la France. Il a prôné une baisse de l’immigration de travail, d'étude et familiale de, respectivement, 30 %, 50 % et 66 %. Quant à Michel Barnier, il veut un moratoire sur l’immigration. De son côté, Éric Ciotti propose de supprimer le regroupement familial et de mettre en place un processus d’intégration de 10 ans avant la naturalisation. Philippe Juvin, lui, songe à la suspension de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).

Valérie Pécresse, de son côté, a carrément proposé l'annulation du droit de sol automatique pour les enfants nés en France. Elle explique qu'il faut appliquer « l’immigration zéro » pour les pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière.

Il faut aussi signaler que la question de l'immigration prend la part du lion dans les médias français durant cette période électorale. Ce thème cher à l’extrême droite est quotidiennement traité sur les chaines d'information avec des invités acquis pour la plus grande part aux thèses d'Éric Zemmour et de Marine le Pen. Cette situation, dénoncée notamment par Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, relance le débat sur le rôle des médias en France.