L'élection présidentielle en France continue e faire parler d'elle du côté sud de la Méditerranée. Les candidats au scrutin du 10 avril, notamment ceux d'extrême droite, évoque souvent les Algériens pour critiquer l'immigration ou l'Algérie pour certaines de ses positions, comme le refus d'accueillir des ressortissants faisant l'objet d'Obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Cette fois-ci, la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a dérogé à la règle. Lors d'un débat télévisé consacré à la présidentielle française, les invités évoquaient la guerre en Ukraine quand la candidate a appelé plusieurs pays – dont l'Algérie – à être solidaires.

Marine Le Pen appelle les pays producteurs d'hydrocarbures à ne pas profiter de la crise

« Il y a beaucoup de pays quand-même qui produisent du gaz et du pétrole. Pourquoi est-ce qu'ils ne pourraient pas fournir du gaz et du pétrole par solidarité, à un prix qui soit un prix raisonnable ? » a, en effet, demandé Marine Le Pen, en citant nommément et successivement la Norvège, la Grande-Bretagne, le Qatar, l'Arabie saoudite, le Canada et l'Algérie.

Pour la candidate à la présidentielle française, c'est ce qui « pourrait arrêter, au moins limiter, les importations de gaz et de pétrole russe ». « Encore faut-il que ces pays ne profitent pas de la crise pour engranger des bénéfices qui soient des bénéfices spectaculaires », a-t-elle poursuivi, suggérant que certains pays pourraient faire preuve de mauvaise foi.

Et comme tout le monde sait que la Norvège, la Grande-Bretagne et le Canada sont dans la coalition occidentale anti-russe, Marine Le Pen vise certainement l'Algérie, le Qatar et l'Arabie saoudite, qui tentent tant bien que mal d'observer une certaine neutralité dans le conflit en Ukraine. Parce qu'elle veut que ces pays « participent à la solidarité dans le cadre de la guerre qui se déroule en Ukraine » et fournissent du gaz moins cher afin que l'Europe puisse se libérer de sa dépendance au gaz russe.