Après plusieurs jours de manifestations en Corse à la suite de la tentative d'assassinat du militant nationaliste Yvan Colonna à la maison centrale d'Arles (Bouches-du-Rhône), les candidats à la présidentielle française restent muets. En effet, ces candidats sont peu prolifiques concernant la question Corse et continuent leurs campagnes en se concentrant sur la guerre en Ukraine, la question de l'immigration, l'Algérie et le prix des carburants.

Ainsi, les candidats à l'élection présidentielle française ont évacué la question Corse de cette campagne dans un contexte particulier pour l’île. Hormis la candidate socialiste Anne Hidalgo, qui s'est prononcée d'une façon laconique, et la candidate du Rassemblement nationale, qui a demandé des comptes, la situation de l’île de Corse est peu présentée dans les débats et par les médias, notamment les chaînes de télévision.

Anne Hidalgo reste prudente quant à la situation sur l'île de Corse

En effet, la maire de Paris Anne Hidalgo a profité de cette situation pour tirer à boulets rouges sur le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. « On ne laisse pas pourrir une situation pendant une semaine », a-t-elle déclaré, en ajoutant que « c'est quand même une façon de gérer les conflits dans le pays qui est pour le moins étonnante ». La candidate socialiste, sans proposer de solution concrète, s'est contentée d'un discours plat sans risque. Elle explique : « lorsque ce type de situation apparaît en Corse, cette terre que nous connaissons bien et dans laquelle il y a cette revendication nationaliste autonomiste, on y va immédiatement pour dialoguer et on s'appuie sur les élus territoriaux de Corse qui sont des élus responsables ».

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Marine Le Pen évoque la situation en Corse

De son côté, Marine Le Pen a plaidé pour le rapprochement « des détenus en Corse ». Elle a également souhaité que le gouvernement français réponde aux informations qui ont été publiées dans le Canard Enchaîné sur des négociations qui seraient en cour . « Je souhaite savoir s'il est vrai que des proches du président de la République sont allés négocier en prison pour obtenir des nationalistes des voix en contrepartie de promesses liées à l’autonomie de la Corse », a-t-elle réclamé. La candidate du Rassemblement national a estimé que si ces informations s’avèrent fondées, elles sont « très graves » et « c’est un scandale d'État ».

La question corse : Tabou en France

Il faut dire qu'en France, la question Corse reste tabou au sein de la classe politique. La majorité des candidats français ne s'est pas prononcée, malgré la situation explosive que traverse cette île, dont une partie de la population demande un statut particulier ; à savoir l’indépendance pour les uns et l'autonomie pour les autres.

La tentative d'assassinat du militant nationaliste Yvan Colonna n'est que la goutte qui a fait déborder le vase. Les corses continuent à manifester sur l’île pour arracher ce statut qui remettrait en cause l'organisation de l'État en France. Cependant, la gestion de cette question a toujours été faite dans l'opacité ; la classe politique française préférant l'éluder et réorienter l'opinion public vers des boucs émissaires. Les Algériens, les musulmans, l'immigration, le voile, la pandémie ou encore la guerre en Ukraine sont cet arbres qui cache la forêt. Ces sujets occupent les médias et les candidats au moment où la Corse s'embrase.