Le Conseil constitutionnel a dévoilé ce lundi 7 mars la liste officielle des candidats pour l’élection présidentielle 2022 en France. Sur la soixantaine de postulants, douze seulement ont réussi à obtenir les 500 parrainages nécessaires et voir ainsi leur candidature validée par le Conseil constitutionnel.   

Dans un peu plus d’un mois, les Français sont appelés à élire leur président de la République pour un mandat de cinq ans. Le premier tour du scrutin est prévu le 10 avril 2022 et dans le cas où aucun candidat ne remporte la majorité absolue des suffrages exprimés à cette date, un second tour aura lieu entre les deux premiers candidats le dimanche 24 avril 2022.

Présidentielle 2022 en France : La liste officielle des candidats dévoilée par le Conseil constitutionnel

Et comme l’exige la loi, c’est au Conseil constitutionnel que va le rôle de valider la liste officielle des candidats pour ce scrutin majeur. Et c’est ce lundi 7 mars que le président du Conseil Constitutionnel Laurent Fabius a annoncé, dans une déclaration diffusée par vidéo, la liste officielle des candidats qui participeraient au scrutin d’avril prochain.

Il s’agit de 12 candidats (huit hommes et quatre femmes) qui sont parvenus, sur les 65 postulants, à réunir les 500 signatures d’élus, nécessaires pour se lancer dans la course à l’élection présidentielle. Ainsi donc, les Français sont appelés à choisir leur prochain président de la République parmi les 12 candidats suivants :

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

Âgée de 52 ans, cette enseignante des sciences économiques et sociales, qui se présente pour la troisième fois au scrutin présidentiel, est une trotskiste qui se définit comme une défenseuse des travailleurs face au patronat. Dans son programme elle promet notamment un Smic à 2000 € et le retour de la retraite à 60 ans.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

Celui qui se définit comme souverainiste, se présente pour la troisième fois à la présidentielle. Âgé de 60 ans, Nicolas Dupont-Aignan a fondé son parti, Debout la France, après avoir été longtemps militant du RPR sous Jaques Chirac et l’UMP de Nicolas Sarkozy. Hostile à l’immigration et à l’Union Européenne, les thèses de ce député à l’Assemblée nationale depuis 1997 ne diffèrent pas de celles autres leaders de l’extrême droite.

Anne Hidalgo (Parti Socialiste)

L’actuelle maire de Paris, qui aura la lourde tâche de représenter le Parti socialiste (PS) à cette élection, aura surtout comme principale mission de redorer le blason d’un parti traditionnel qui n’arrive plus à séduire les Français. Pour y parvenir, cette candidate de 62 ans née en Espagne, qui défend souvent les immigrés et les musulmans de France, table son programme principalement sur le volet social : revalorisation des salaires, relever les impôts pour les plus riches et aides aux migrants.

Yannick Jadot (Europe Écologie les Verts)

Ancien militant de Greenpeace et député européen depuis 2008, Yannick Jadot qui se présente pour la première fois à la présidentielle, espère porter le courant écologiste à son meilleur score lors du scrutin d’avril prochain. Pour cela, ce candidat de 54 ans compte attirer les voix des plus démunis en proposant notamment la création d’un revenu citoyen de 918 € pour les plus de 18 ans et la mise en place d’un impôt sur la fortune climatique.

Jean Lassalle (Résistons)

Âgé de 66 ans, cet ancien militant de l’UDF et du Modem et député Pyrénées-Atlantiques depuis 2002, se présente pour la deuxième fois à l’élection présidentielle après celle de 2017 où il avait obtenu 1,12 % des voix. Défenseur de la ruralité, celui qui s’est distingué en portant un gilet jaune à l’Assemblée nationale en 2018 propose dans son programme le rétablissement d’un service national universel, la défense de la chasse et la fin de l’éolien en France.

Marine Le Pen (Rassemblement National)

Qualifiée pour le second tour en 2017 avec 33,90 % derrière le vainqueur Emmanuel Macron, la candidate du parti de l’extrême droite espère enfin accéder à la présidence. Marine Le Pen, qui porte toujours un projet anti-immigration, n’a pas caché son intention de faire de la préférence nationale son cheval de bataille. Pour la députée de 53 ans, les aides sociales ne seront désormais accordées qu’aux Français tout en excluant les étrangers résidents en France.

Emmanuel Macron (La République En Marche)

Le président sortant qui est le dernier à annoncer sa candidature ne veut qu’une chose : succéder à lui-même au palais de l’Élysée. Pour y parvenir, celui qui caracole en tête des sondages peut compter, selon les observateurs, sur le vote refuge de la majorité des Français, en raison notamment de la guerre en Ukraine. Emmanuel Macron, dont le mandat est marqué récemment par une crise inédite entre son pays et l’Algérie, veut surtout profiter du clivage entre la gauche et la droite, pour se faire réélire, lui qui vient de boucler ses 44 ans.

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

Considéré comme un atypique dans le paysage politique français, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de gagner l’estime d’une bonne partie des Français. Ses positions aux antipodes de l’extrême droite lui valent surtout le soutien des Français de la classe ouvrière et des descendants d’immigrés. Le candidat des Insoumis, qui réclame une justice sociale, propose dans son programme le blocage des prix des produits de première nécessité et la généralisation d’une sixième semaine de congés payés.

Valérie Pécresse (Les Républicains)

L’ancienne protégée de Nicolas Sarkozy et actuelle présidente la région Ile-de-France, connue pourtant pour ses positions modérées en matière d’immigration, et ses nombreuses initiatives de soutien au peuple algérien, a décidé depuis sa candidature à l’Élysée de durcir son discours. L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur veut surtout séduire les électeurs de l’extrême droite. En matière d’immigration, Valérie Pécresse propose notamment dans son programme des quotas annuels et en finir avec le droit du sol automatique.

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste)

Pour sa troisième candidature à la présidentielle, ce candidat de l’extrême gauche espère au moins améliore son score qui n’avait pas dépassé 1,09 % en 2017. Employé dans une usine de voiture avant de perdre son emploi en 2019, ce responsable syndical de la CGT, qui se présente comme un révolutionnaire propose dans son programme la réquisition des banques privées, l’augmentation tous les revenus de 400 € et la réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures.

Fabien Roussel (Parti communiste français)

C’est la première fois depuis 2007 que le PCF présente son propre candidat à la présidentielle en la personne de son président Fabien Roussel. Ce dernier, qui affirme incarner la gauche populaire, affiche son opposition aux écologistes en se disant pro-nucléaire. Fabien Roussel qui est député du Nord propose dans son programme un revenu étudiant de 850 euros par mois et le recrutement de 30 000 policiers de proximité pour venir renforcer la sécurité dans les quartiers déshérités.

Éric Zemmour (Reconquête)

De tous les candidats au prochain scrutin, Éric Zemmour est celui qui fait parler le plus de lui dans les médias en France, mais aussi à l’étranger. Déjà connu pour ses positions extrêmes sur les immigrés et les musulmans en France, celui qui se réclame pourtant comme « un juif français d'origine berbère » affiche une opposition à tout ce qui a une relation avec l’étranger. L’ancien chroniqueur à la télé n’a pas caché son intention de mettre fin au regroupement familial et d’interdire aux étrangers les aides sociales afin, espère-t-il, de juguler l’immigration.