Depuis quelques mois, les relations entre le Maroc et l'Espagne connaissent le chaud et le froid. La question des conclaves de Ceuta et Melilla revient au centre des tensions entre les deux pays, notamment en raison du flux migratoire qui passe par leurs frontières avec le Maroc. Une migration considérée par l'Espagne comme un moyen entre les mains du Royaume chérifien pour exercer du chantage sur le Royaume ibérique. C'est dans ce contexte que l’ancien chef des armées de l'Espagne, de 2017 à 2020, le général Fernando Alejandre Martinez, considère que le Maroc est une « menace directe » contre l'Espagne.

En effet, l'ancien chef des armées espagnoles s'est exprimé sur cette question dans son livre Le Roi servit et la patrie honorée. L'ancien militaire a affirmé dans ce livre que le Maroc concrétisera ses menaces « le moment venu », mais avant d’entrer dans un conflit armé conventionnel, le Royaume lancera des opérations hybrides, telles que les assauts aux frontières de Ceuta et Melilla. Ce constat a été partagé ce dimanche 13 mars dans le journal Europa Press.

Ce constat vient contredire les déclarations de l'actuel ministre espagnole des armées, l'amiral Teodoro López Calderón, qui avait indiqué, en novembre 2021 lors de sa participation à une conférence ouverte au public, que « le Maroc ne constitue pas une menace pour Ceuta et Melilla ». L'actuel chef des armées a cependant relativisé ses propos en reconnaissant qu’il y a des actions de la part de Rabat entrant dans le cadre de ce qui est appelé « zone grise », qui représente des actions hostiles. L'amiral a notamment cité la crise migratoire de mai 2021 lors de l’exode de milliers de Marocains vers Ceuta. Une situation qui s'est reproduite au début du mois de mars en cours.

Teodoro López Calderón avait également affirmé que « le Maroc n'a jamais exprimé sa volonté d'annexer les deux villes autonomes par la force ». Il avait tenu a préciser que « l'Espagne a une capacité de dissuasion qui ne se limite pas seulement à ses forces armées ».