C'est dans un contexte de tensions diplomatiques entre le l'Espagne et le Maroc que le Royaume ibérique a mis en place une nouvelle stratégie nationale de sécurité. Celle-ci a été approuvée par le gouvernement espagnole et sa mise en oeuvre a été chapeautée par le Conseil espagnol de Sécurité nationale. Cette stratégie de sécurité globale vise à protéger des risques et menaces à la sécurité nationale et s'oriente notamment vers la sécurisation des villes autonomes espagnoles sur le territoire marocain.

L'Espagne veut protéger ses enclaves « contre le Maroc »

Ainsi, l'Espagne prend de nouvelle mesures « contre le Maroc ». Le Royaume ibérique s'appuie sur « le développement d’un plan intégral de sécurité pour Ceuta et Melilla ». Cette recommandation revient au moins 4 fois dans le document qui explique la nouvelle stratégie de l'Espagne. Le gouvernement central répond donc favorablement aux gouvernements locaux des deux villes espagnoles sur le territoire marocain.

Le gouvernement répond également par cette nouvelle stratégie aux décisions marocaines de fermer la douane commerciale de Ceuta, ainsi que la fermeture complète des frontières terrestres suite au déclenchement de la pandémie. Des décisions que les deux villes espagnoles ont considéré comme « un blocus et une guerre économique » menés par le Maroc.

Ceuta et Melilla sont citées dans la partie appelant au déploiement d’un mécanisme de gestion des situations de crise. Un système qui devrait être dédié aux « menaces qui transcendent les modes ordinaires de réponse rapide » et qui englobe différents secteurs (épidémiologie, infrastructures critiques, énergie, catastrophes naturelles). « De par leur localisation géographique, dans le continent africain et la spécificité de leur frontière espagnole et européenne, les deux villes autonomes requièrent une attention spéciale de la part de l’administration générale de l’État pour garantir leur sécurité », peut-on lire dans ce rapport.

L'Espagne prête à contrecarrer les plans marocains

L'Espagne compte aussi mettre en place un plan d’action contre la désinformation. Un chantier confié notamment aux services de renseignement espagnols appelés à mettre en place un cadre de collaboration public-privé capable de monitorer et de réagir aux campagnes de fake-news qui ciblent l’Espagne.

« Vu le danger potentiel qu’elles représentent, il est important de signaler les stratégies de désinformation d’acteurs étrangers, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, qui développent des appareils de propagande avec l’intention de polariser la société et miner la confiance dans les institutions », indique ce rapport.

Ce plan vise surtout à répondre aux « prétentions du Maroc sur Ceuta et Melilla, depuis la perspective de la zone grise ». Le Royaume ibérique se prépare à toutes éventualités en réponse à une étude qui explore l’hypothèse d’un recours par Rabat à une nouvelle théorie géopolitique, à savoir la « zone grise », pour reprendre possession « des villes occupées ».

Des hauts gradés espagnols mettent en garde contre un complot marocain

« L’objectif premier de cette théorie selon le document est soit de forcer l’indépendance d’un territoire d’un pays pour l’affaiblir, d’annexer un territoire ou encore de faciliter le changement de régimes ou de gouvernements », indique l'étude en question. Le rapport fait aussi écho à des prévisions de plusieurs hauts gradés actifs ou à la retraite des forces armées espagnoles qui placent le Maroc comme menace existentielle pour l’Espagne et évoquent un « complot » basé sur la désinformation de l’opinion publique espagnole pour récupérer la souveraineté des villes de Ceuta et Melilla.