Le revirement de position de l'Espagne concernant la question du Sahara occidental continue de soulever des remous dans la péninsule ibérique. Des partis politiques et des organisations de la société civiles ont exprimé leur désaccord avec les nouvelles orientations du gouvernement soutenant la plan marocain pour le règlement du conflit. Après le parti populiste Vox, qui a rejeté la décision du chef du gouvernement espagnol, c'est autour l'Association espagnole des professeurs de droit international et de relations internationales (AEPDIRI) de dénoncer ce revirement.

En effet, cette association considère que le changement de position de l'Espagne sur le Sahara est une « violation grave » du droit international. L'AEPDIRI dénonce ainsi la décision du gouvernement et affirme que « cette décision implique la reconnaissance implicite de la souveraineté marocaine sur la partie du Sahara occidental qu'il occupe illégalement ».

Ces experts en droits ajoutent que « la décision du gouvernement espagnol de soutenir officiellement le plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007 constitue le déni manifeste de l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et, par conséquent, une violation grave du droit international ».

Dans son réquisitoire contre la décision du gouvernement espagnol, l'association a expliqué les raisons qui font du plan marocain une proposition impossible à concrétiser sur le terrain pour des considération objectives. Pour les experts espagnols en droit international, le plan d'autonomie est « impossible à appliquer » à l'ensemble du Sahara occidental dans la mesure où « actuellement, une partie du territoire est sous occupation marocaine et une autre est contrôlée par la République arabe sahraouie démocratique ».

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L'Association espagnole des professeurs de droit international et de relations internationales rejoint ainsi le parti Vox, qui a condamné vendredi la décision du gouvernement de Pedro Sanchez de soutenir le plan marocain d'autonomie du Sahara. Les représentants de cette formation politique au congrès espagnol ont dénoncé le 25 mars cette décision « unilatérale et arbitraire ». Ils considèrent que la décision du gouvernement a été prise « au mépris total de la souveraineté nationale, du parlement et de l’État de droit ».