Les populations des deux côtés des frontières de de Ceuta et Melilla doivent encore attendre avant de reprendre leurs échanges commerciaux, notamment informels. En effet, l'Espagne a décidé, le mardi 29 mars, de prolonger la fermeture des frontières de Ceuta et Melilla avec le Maroc au moins jusqu'au 30 avril.

Cette information a été publiée par le ministère espagnol de l'Intérieur au Journal officiel de l’État. L’arrêté publié porte sur la prolongation de la fermeture des frontières de Ceuta et Melilla avec le Maroc jusqu’au 30 avril prochain. Signé par le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, le document précise que les frontières restent fermées « sous réserve de modifications éventuelles dues à un changement de circonstances ou à de nouvelles recommandations dans l’Union européenne ».

Cette décision du gouvernement espagnol comprend une nouvelle extension de l'ordonnance INT/657/2020 du 17 juillet, qui modifie les critères d’application de la restriction temporaire des déplacements non essentiels en provenance de pays tiers vers l’Union européenne et les pays de l’espace Schengen, édictée pour limiter la propagation du covid-19. C'est du moins l'explication officielle donnée par le gouvernement. Officieusement, cette décision a un lien avec l'immigration clandestine qui n'est pas encore contrôlé par le Maroc.

Il faut dire que cette décision sanctionne au même temps  les populations marocaines et les populations espagnoles des enclaves de Ceuta et Melilla. Du côté marocain, les habitants de Fnideq, dans le nord du Maroc, ne cessent de dénoncer cette fermeture et de réclamer des alternatives économiques face à la fermeture des frontières avec Ceuta. Selon des experts locaux, ils sont près de 10 000 personnes à ne plus avoir d'emploi ni de revenus du fait de cette fermeture.

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Du côté des enclaves espagnoles, les deux villes se sont spécialisées dans les produits à bas prix importés d’Asie ainsi que dans l’écoulement des produits de première nécessité dans l’ensemble du nord du Maroc, et en premier lieu à Fnideq, M'diq ou encore Nador, à travers des «baronnies » (barons du commerce informel) qui eux-mêmes s’appuient sur des travailleurs informels, des routiers, des passeurs à la petite semaine et des femmes-mulets. Avant la fermeture des frontières, le marché de la contrebande générait 1 à 1,5 milliard d’euros par an dans les deux enclaves, dont 550 à 750 millions d’euros pour Ceuta/Fnideq.