Le dinar algérien va continuer sa chute sur le marché officiel. Cependant, cette chute pourrait être ralentit par le renforcement des réserves de changes à la suite de la hausse significative des prix du pétrole et du gaz. En effet, la guerre en Ukraine est une aubaine pour le dinar algérien, qui est très affaibli ces dernières années.

Ainsi, les prévisions de la Loi de finances 2022 pourront être remises en cause. Elle s'est tablée sur un taux de change du dinar à 149,3 dinars pour 1 dollar US en 2022, à 156,8 DZD pour 1 USD en 2023 et à 164,6 DZD pour 1 USD en 2024. Ces dépréciations, qui sont l'un des leviers du gouvernement pour faire face au déficit budgétaire, ont eu un impact négatif sur le taux de change du dinar sur le marché noir.

Cependant, en élaborant cette loi, le législateur n'a pas pris en compte la guerre en Ukraine, qui n'était pas prévisible et qui a fait exploser les prix des hydrocarbures – principale ressource de l'Algérie en devise. En effet, les recettes de l’Algérie vont connaitre une hausse significatives, qui peuvent soutenir la valeur du dinar et atténuer sa dégringolade sur les marchés financiers.

Selon l'économiste et spécialiste des questions financières Omar Berkouk, la question de la valeur du dinar n'est pas vraiment dépendante de l'économie mondiale étant donné que l'économie algérienne est déconnectée de l'économie mondiale. Berkouk rappelle sur les colonnes du journal El Watan une remarque du ministre des Finances de l'époque, qui voulant rassurer les Algériens. Il avait déclaré, en 2008 pendant la déconfiture des Banques internationales consécutive à la faillite de Lehman Brothers : « Nous ne sommes pas touchés. Nos banques ne sont pas internationalisées ». L'économiste ajoute avec ironie qu'en somme, il se félicitait que l’Algérie soit « hors du monde ».

Omar Berkouk explique que « l'économie [algérienne] est toujours "hors du monde". En conséquence, le dinar poursuivra sa dégringolade, atténuée peut-être par une reconstitution temporaire des réserves de change en attendant des réformes économiques structurelles qui sortiront le pays de cette dépendance à la vente de commodités ».