La question des libertés sexuelles est toujours tabou en Afrique du Nord. L'homophobie est banalisée dans ces pays dont la législation condamne l'homosexualité. En vivant dans des pays où les homosexuels ont le droit d'exister et de vivre dignement, certains natifs de cette partie du continent reproduisent la persécution que subit cette frange de la société. C'est le cas d'une marocaine vivant en Espagne qui a agressé sa fille qu'elle soupçonnait d'être lesbienne.

Cette affaire est passée devant le tribunal pénal de Palma. Le juge a condamné cette mère marocaine à 7 mois et demi de prison et au paiement de 1150 euros de dommages-intérêts à sa fille de 13 ans, victime de violences de sa part. La femme avait agressé sa fille après que cette dernière ait publié sur Instagram une photo avec le drapeau arc-en-ciel, symbole de la fierté LGBTQ+.

Pendant ce procès, la Marocaine a plaidé coupable devant le tribunal. Elle a accepté la peine pour les blessures et préjudices moraux causés à la victime qui n’est autre que sa fille âgée de 13 ans au moment des faits. Cette peine de prison a été fixée après un accord passé entre son avocat et le parquet, selon des médias espagnoles. La garde de la fille, âgée actuellement de 15 ans, a été retirée à la mère. Cette dernière, en plus de sa condamnation avec sursis, est interdite de s’approcher de sa fille à moins de 200 mètres pendant 3 ans et de communiquer avec elle pendant 2 ans.

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Cette histoire remonte au mois de novembre 2020 dans région de Migjorn. La mère, une Marocaine, est devenue furieuse après avoir découvert sur le profil Instagram de sa fille une publication dans laquelle elle arborait le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT. Elle s'est précipitée dans la chambre de la fille, l’a attrapée par les cheveux et l’a rouée de coups, tout en lui lançant : « Pour moi, tu ne seras qu’une garce, tu seras toujours une ordure ». Hors d'elle, la mère ne s'est même pas donné la peine d'écouter les explications de sa fille. Elle quitte ensuite la chambre en crachant sur sa fille. La mineure a subit des blessures physiques ; lacérations au visage au visage, blessures à l’épaule, au dos et à la jambe. Des blessures qui ont nécessité des soins médicaux. La jeune enfant a aussi été très affectée psychologiquement par cette agression, ce qui l’a amenée à consulter un psychologue.