La situation de la compagnie de transport aérien Air Algérie est mauvaise sur plusieurs plans. Sa gestion est de plus en plus remise en cause. Air Algérie a du mal à faire face à la crise financière qu'elle traverse depuis des années et qui s'est aggravée pendant la crise sanitaire.

Face à cette situation plusieurs voix se élevées pour demander la restructuration de l'entreprise. La dernière en date et celle du chef de l'État, qui a donné instruction de « revoir l’organigramme d’Air Algérie et son mode de fonctionnement, conformément aux normes internationales, et accorder une grande importance à la situation socioprofessionnelle des pilotes et techniciens algériens travaillant dans le domaine de l’aviation ».

Cette instruction qui n'est qu'un rappel de celle donnée lors d’une réunion du Conseil des ministres en octobre 2020. Pendant ce conseil Abdelmadij Tebboune a demandé à « revoir » le mode de gestion de cette compagnie « de manière à la rendre compétitive à l’international, tout en veillant à réduire le nombre de ses agences commerciales à l’étranger ». Cependant, presque 2 ans après, la compagnie continue de patauger dans des soucis financiers avec le même organigramme.

Air Algérie doit se restructurer pour survivre

Donc, il devient urgent que la mue du transporteur se fasse. En sureffectif, Air Algérie a du mal à faire face à la concurrence des compagnies mieux organisées et plus efficaces. Cette restructuration devient une question de survie.

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Cependant, elle a de tout temps été rejetée, soit par les syndicats soit par les dirigeants eux-mêmes. Ce dossier épineux traité par les nombreux PDG qui se sont succédé, convaincus qu’Air Algérie n’avait d’autre choix que de se conformer aux standards internationaux pour espérer faire face à la concurrence féroce des compagnies internationales, mais sans que des décisions concrètes et courageuses soient prises.

La feuille de route d'Air Algérie

Pour mettre en œuvre ce plan, le ministre des Transports, Abdallah Mondji, avait présidé, le 31 mars 2022, une réunion en présence des responsables du ministère, du directeur général par intérim d’Air Algérie, Amine Debaghine Mesroua, et de nombreux cadres de l’entreprise. Le directeur général par intérim a fait une présentation globale qui comprenait, entre autres, les activités de la compagnie aux niveaux organisationnel et opérationnel, et la réunion a également abordé la feuille de route d’Air Algérie.

Abdallah Mondji a signalé l'importance d'« un plan d’action qui intègre le court, moyen et long terme avec une vision et des objectifs clairs et dans des délais précis ». Il a indiqué que Air Algérie doit désormais s’appuyer uniquement « sur ses propres capacités pour mettre en œuvre ses plans de développement, avec un examen minutieux de son mode de fonctionnement qui doit être conforme aux normes internationales ». Il faut dire que cette urgence signalée est également liée au risque de « départ massif des pilotes qui se profile dans le très court terme au profit des compagnies concurrentes à l’international », comme avait averti le Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA).

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Restructuration d'Air Algérie en plusieurs filiales

Ce plan décidé par les hautes autorités de l'État n'a cependant pas été détaillé. Cependant, si on se tient au plan présenté par l'ancien ministre des Transports Aissa Bekkai en septembre 2021, cela consistait essentiellement en la restructuration de la compagnie aérienne Air Algérie en plusieurs filiales et la création d'une nouvelle société de maintenance en partenariat avec des étrangers. Le ministre avait annoncé qu' « une société étrangère serait impliquée dans ce plan conformément à la règle 51/49 ». Elle aura pour mission « l'entretien des avions se trouvant actuellement au niveau de l’atelier de maintenance ».

Le ministre avait également souligné l'importance d'un usage plus efficace du facteur humain. Cela en absorbant le surplus enregistré au niveau du nombre total de travailleurs. Repenser l’activité des agences commerciales de la compagnie fait partie aussi des recommandations de l'ancien ministre. Cependant il faut s'attendre à ce que le nouveau ministre et la direction d'Air Algérie présentent des changements par rapport aux orientations de l'ancien ministre. Des orientations qui n'ont pas été mises en œuvre.