La crise diplomatique entre l’Algérie et l'Espagne se complique après les déclarations des dirigeants des deux pays. La tension monte d'un cran suite aux sorties médiatiques d'Abdelmadjid Tebboune, suivie de celle du ministre des affaires étrangères espagnol José Manuel Albares et puis celle de Amar Belani, envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb.

Dans ce contexte de crise, le Parti populaire (PP), soutenu par les autres groupes parlementaires au Congrès, à l’exception du PSOE, Podemos et Bildu, a pris l'initiative de convoquer le président Pedro Sanchez pour exposer les retombées de sa nouvelle relation avec le Maroc, après le changement de position sur le Sahara, et ses conséquences sur les relations de l’Espagne avec l’Algérie.

Ainsi, la classe politique espagnole réagit à la dégradation des relations diplomatiques avec l’Algérie. Le président du gouvernement Pedro Sanchez devra donc s'expliquer devant le congrès. Cette convocation a pour objectif essentiellement de demander des comptes sur le voyage de Pedro Sanchez à Rabat. Un voyage qui marque le début de la nouvelle étape dans la relation entre les deux pays, après la décision de l’Espagne de soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara, qu'ils considèrent comme la base « la plus sérieuse et crédible » pour résoudre ce conflit.

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Cette décision espagnole est à l'origine de la crise diplomatique avec l’Algérie qui a rappelé son ambassadeur à Madrid. Le Parti populaire envisage donc de mettre le président du gouvernement devant ses responsabilités. Sur son compte Twitter, la porte-parole du groupe parlementaire du PP, Cuca Gamarra, a dénoncé le fait que Sanchez ait pris une décision aussi importante sans consulter le Congrès, soulignant que cette décision a déjà de « graves conséquences » sur les relations de l’Espagne avec l’Algérie. Pour sa part, le coordinateur général du PP, Elías Bendodo, a demandé au gouvernement d’expliquer en détail la déclaration conjointe ayant sanctionné la rencontre entre Sanchez et Mohammed VI à Rabat.

Le torchon brûle entre l’Algérie et l'Espagne

Dans cette demande de comparution de Pedro Sanchez devant le congrès , le parti populaire a indiqué qu'en raison du changement de la position espagnole vis-à-vis du dossier du Sahara occidental, l’Algérie a menacé de revoir à la hausse le prix de cession du gaz à l’Espagne et de renforcer sa relation avec l’Italie en matière d’énergie, au détriment de l’Espagne, ce qui risque de « menacer l’approvisionnement régulier du pays en gaz », affirme le parti.

Il faut dire que depuis ce changement de position, le torchon brûle entre Alger et Madrid. Les deux pays rentrent dans une spirale de crise diplomatique. L'Algérie avait rappelé son ambassadeur à Madrid et a également décidé d'autres sanctions. De son côté, le gouvernement espagnol a considéré que la décision de soutenir la proposition marocaine est une décision souveraine qui rentre dans le cadre de la légalité internationale.