L'Algérie s'apprête à augmenter le nombre des vols internationaux pour répondre à l'impatience de la diaspora algérienne, à l'occasion de la saison estivale. Finalement, les quelque 250 vols hebdomadaires en vigueur depuis lundi 28 mars se sont très vite avérés insuffisants, après que la baisse des prix a provoqué une hausse importante de la demande.

Cette hausse de la demande est également expliquée par le mois de ramadan et l'Aïd el-Fitr, ainsi que l'approche de la saison estivale. Ce sont des périodes qui connaissent un rush vers les agences de voyages, puisque les Algériens de l'étranger, notamment ceux de France, aiment se rendre en Algérie pour passer du temps avec leurs familles.

Le gouvernement algérien devrait annoncer une hausse des vols qui sera accompagnée de l'idée de rouvrir les autres aéroports d'Algérie aux vols internationaux, à l'instar de ceux de Béjaïa, Tlemcen, Sétif, Annaba et Ghardaïa. Une décision qui atténuera certainement la pression que subissent les vols vers les aéroports d'Alger, Oran et Constantine depuis différentes villes françaises.

De plus en plus d'Algériens s'installent en Espagne

Mais il faut dire que cette question du nombre de vols ne concerne pas seulement les vols depuis la France. Depuis la crise mondiale causée par l'affaire des subprimes et la récession qui a touché l'Espagne, les Algériens ont trouvé en la péninsule ibérique un Eldorado, vu la chute vertigineuse des prix de l'immobilier. Des dizaines de milliers d'Algériens, voire plus, ont profité de la crise pour aller s'installer en Espagne. Eux aussi ont besoin de vols plus nombreux pour rentrer en Algérie.

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En fait, il n'y a que huit vols par semaine entre l'Algérie et l'Espagne et c'est loin d'être suffisant pour les ressortissants algériens dans ce pays du sud-ouest de l'Europe. Et cela risque de s'avérer plus compliqué qu'avec la France. Car l'Algérie est en froid avec le gouvernement de Pedro Sanchez depuis son retournement de veste brusque dans le dossier du Sahara occidental.

La crise algéro-espagnole influe sur la hausse du nombre de vols

D'ailleurs, la destination Espagne figurait dans le programme de vols supplémentaires annoncé le 9 mars par le ministère des Transports. Ce programme, l'on se rappelle, a été annulé aussitôt et le ministre des Transports Aïssa Bekkaï a été limogé pour « faute grave ». L'État n'avait pas expliqué la faute grave qui lui était reprochée, mais beaucoup liaient son limogeage au programme de vols annoncé quelques heures auparavant.

Mais quand le nouveau programme « corrigé » a été enfin annoncé le 28 mars, les observateurs avaient remarqué que les 16 vols supplémentaires accordés à la compagnie aérienne nationale Air Algérie avaient disparu. D'ailleurs, beaucoup ont fait le lien avec le soutien apporté par l'Espagne à la position marocaine dans le dossier du Sahara occidental.

32 vols supplémentaires annoncés puis annulés entre l'Algérie et l'Espagne

Il faut dire que ce n'est pas facile d'expliquer la suppression de 32 vols par semaine vers un pays, en comptabilisant les 16 d'Air Algérie et les 16 autres accordés aux compagnies espagnoles dans le cadre de la politique de réciprocité. Le nombre de vols entre l'Algérie et l'Espagne aurait atteint 40 par semaine, puisqu'il n'y a que 4 vols d'Air Algérie et 4 autres vols partagés inéquitablement avec Iberia et Vueling.

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En fait, dans cette crise algéro-espagnole, la compagnie aérienne qui perd le plus, c'est bien Iberia qui se retrouve avec un seul vol par semaine entre Madrid et Alger. Les trois autres vols entre les deux pays sont opérés par Vueling depuis Barcelone. La compagnie aérienne nationale Air Algérie, quant à elle, opère quatre vols, dont trois depuis Barcelone et un depuis la capitale Madrid.

Que fera le ministère des Transports ?

Mais les autorités algériennes sont conscientes que la hausse des vols entre l'Espagne et l'Algérie n'est pas attendue uniquement par les compagnies aériennes, que ce soit Air Algérie, Iberia, Vueling ou même Volotea. Elle est aussi attendue avec impatience par la communauté algérienne établie dans ce pays européen.

C'est une communauté, de plus en plus nombreuse, qui souffre du manque de vols, mais aussi des prix des billets trop élevés pour faire le voyage en famille. Surtout que la traversée maritime hebdomadaire entre Alicante et Oran est loin de répondre aux besoins exprimés, avec notamment les trabendistes qui font la navette toutes les semaines pour récupérer de la marchandise et l'écouler en Algérie. Les dirigeants algériens vont-ils enfin augmenter le nombre de vols entre l'Espagne et l'Algérie ?