Dix policiers de la brigade de Nancy ont comparu, vendredi 13 mai 2022, devant la justice pour « insultes racistes » et « harcèlement moral » sur quatre de leurs collègues, dont l’un d’entre eux est d’origine maghrébine.  

Les faits qui se sont déroulés entre 2015 et 2018 ont été révélés par une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) en octobre 2018. Une enquête qui a mis en lumière des « actes de harcèlement » répétés et « injures racistes » commis par 9 policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) de nuit de Nancy contre quatre de leurs collègues.

Selon l’enquête de l’IGPN, les quatre victimes ont toutes « évoqué des propos ou décrit des comportements réitérés visant à les exclure » du service. Des attitudes qui ont aussi entraîné « une dégradation de leurs conditions de travail » et surtout « une altération de leur santé physique et morale ». Un des plaignants, d’origine maghrébine, a aussi porté plainte pour injures racistes non publiques, en plus du harcèlement moral.

Le policier Said B. traité de « bougnoule » par certains de ses collèges de la BAC de Nancy

Il s’agit de l’agent de police, dénommé Said B. qui a été traité de « bico » et de « bougnoule » par certains de ses collègues. Il été la cible d’injures racistes et d'accusations récurrentes d’incompétence sur un groupe de messagerie privée dont il était exclu. En outre, ses collègues refusaient de lui serrer la main et de lui adresser la parole. Trois autres fonctionnaires ont fait également les frais du « climat de haine » entretenu par les 10 policiers cités par l’enquête de l’IGPN.

L’affaire qui avait défrayé la chronique en France a été traitée vendredi 13 mai par le tribunal correctionnel de Nancy. Un procès durant lequel les quatre victimes ont évoqué leur mise à l'écart progressive au sein du service lors de leur passage à la BAC de nuit de Nancy. « Ils m'ont détruite, j'ai vécu un calvaire », raconte une des victimes, seule femme du service entre 2013 et 2017.

Sept policiers de la BAC de Nancy condamnés à des peines de prison avec sursis pour « injures racistes »

Le procureur de la République, qui avait réclamé des interdictions d’exercer pour quatre des policiers mis en cause, avait requis jusqu’à 18 mois de prison avec sursis. Il a évoqué un « harcèlement collectif » de la part des prévenus, qualifiant leur comportement de « machine à exclure qui broie une femme et trois hommes ». Après délibération, le tribunal correctionnel de Nancy a prononcé vendredi 13 mai des peines de 6 à 18 de prison avec sursis contre 7 policiers mis en cause.

Outre ces condamnations, le tribunal a prononcé pour quatre des policiers des amendes allant jusqu’à 2 000 euros pour « injures racistes » envers leur collègue d’origine maghrébine. Le tribunal, qui a relaxé trois des dix prévenus, a prononcé des interdictions d’exercer le métier de policier pour les sept condamnés, dont une définitive pour celui qui était considéré comme le meneur de cette affaire.