La hausse des prix des produits alimentaires sur le marché mondial a provoqué une baisse du pouvoir d’achat chez les populations, y compris dans les pays les plus développés. C’est le cas du Canada, où un citoyen sur cinq affirme trouver des difficultés pour se nourrir, selon les résultats d’un récent sondage.

L’inflation engendrée par la pandémie s’est accentuée ces derniers mois par la guerre en Ukraine. Les prix des produits alimentaires et de l’énergie ont connu une hausse vertigineuse, non sans conséquences sur le pouvoir d’achat des populations à travers le monde. En effet, la baisse du pouvoir d’achat n’est plus l’apanage des peuples des pays sous-développés, puisque la crise a touché toute la planète.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a indiqué que les prix mondiaux des produits alimentaires ont connu une hausse de 12,6 % en mars dernier, soit leurs plus hauts niveaux jamais enregistrés. Dans un rapport publié en avril dernier, la Banque mondiale indique que les prix des produits alimentaires et de l'énergie resteront élevés sur le marché mondial jusqu’à la fin de l’année 2024. L’institution financière estime que l'économie mondiale vit aujourd’hui son plus grand choc sur les produits de base depuis les années 1970.

La hausse des prix des produits alimentaires a impacté les populations du monde entier

Cette hausse des prix a impacté le pouvoir d’achat des populations du monde entier. Même les pays les plus prospères n’ont pas été épargnés par cette crise. En France, de plus en plus de citoyens se tournent vers des prêts sur gage, afin de pouvoir faire face à la cherté de la vie. Selon les médias français, toutes les classes sociales sont touchées par l’érosion du pouvoir d’achat.

La situation n’est pas meilleure au Canada, un pays de l’Amérique du Nord où vit une importante communauté algérienne. En effet, selon un récent sondage de Mainstreet Research au profit de Banques alimentaires Canada, révèle que « plus de 25 % des Canadiens disent manger moins qu’ils ne le devraient parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour se nourrir ». Le sondage a montré aussi que « un Canadien sur cinq a déclaré avoir eu faim au moins une fois entre mars 2020 et mars 2022 », en raison de la hausse des prix des aliments.

De plus en plus de Canadiens se tournent vers les banques alimentaires pour se nourrir

Selon Statistique Canada, les prix des produits alimentaires ont connu une hausse de 9,7 % dans les magasins du pays depuis avril 2021, ce qui représente le taux le plus élevé depuis trois décennies. Selon la même source, les prix des pâtes ont augmenté depuis avril 2021 de 19,6 % les produits céréaliers de 13,9 %, le pain de 12,2 % et les fruits frais de 10 %. Une situation qui pousse de plus en plus de Canadiens à se tourner davantage vers les banques alimentaires, rapporte lundi 6 juin le quotidien canadien La Presse.

Selon la PDG de Banques alimentaires Canada, Kirstin Beardsley, « la majorité des banques alimentaires ont déjà atteint leurs limites » et que « cet été devrait être le plus difficile des 41 ans d’histoire de l’organisation », affirme-t-elle dans les colonnes de La Presse. « Les banques alimentaires de la plupart des régions du Canada connaissent un afflux de personnes qui s’y rendent pour la première fois, un nombre qui a augmenté jusqu’à 25 % dans certaines régions », ajoute-t-elle.