Entre l'Espagne et le Maroc, c'est la lune de miel. Du moins entre les deux gouvernements depuis le changement de position espagnole en ce qui concerne la question du Sahara occidental. Le gouvernement espagnol ne veut plus de voix discordantes. C'est ce qu'a affirmé le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, le 6 juin. Ce ministre a demandé à la presse d’éviter de lier le Maroc à l'affaire d'espionnage des téléphones de Pedro Sanchez et également d’arrêter de parler de pressions marocaines lors de la crise migratoire de mai 2021.

Ainsi, le gouvernement espagnol veut imposer sa version des faites concernant ces événements, malgré les questions que se posent les partis politiques, les activistes, journalistes et défenseurs des droits humains sur la question d'espionnage des téléphones du Premier ministre espagnol et de la ministre de la Défense. Un espionnage qui a eu lieu lors de la crise diplomatique avec le Maroc, qui est cité comme responsable de cette opération par plusieurs sources en Espagne.

Le ministre espagnol de la Défense estime donc que ces accusations sont des spéculations « inappropriées ». Concernant la crise migratoire considérée par de nombreux Espagnols comme une stratégie de pression marocaine, Fernando Grande-Marlaska rejette cette hypothèse en soutenant que le Maroc est un « partenaire stratégique » et loyal de l’Espagne. Le ministre de l’Intérieur espagnol a également réagi à l’article publié par El País, selon lequel les services secrets espagnols auraient transmis au gouvernement un rapport pour l’informer que l’entrée de milliers de migrants en mai de l’année dernière faisait partie de la stratégie de « pression » du Maroc sur l’Espagne, pour qu’elle change de position sur le Sahara. Il a qualifié d’« inappropriées » les spéculations contenues dans l’article.

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L’Espagne veut faire table rase sur une période difficile avec le Maroc

Fernando Grande-Marlaska a insisté sur le fait que les relations avec le Maroc sont empreintes de « loyauté, fiabilité et de fraternité ». Les relations avec le Maroc continueront de « s’approfondir », comme l’ont soutenu le président du gouvernement, Pedro Sanchez, et le roi Mohammed VI, lors de leur rencontre à Rabat le 7 avril, rappelle Grande-Marlaska, qui a aussi demandé de ne pas lier le Maroc à l'affaire Pegasus dont la justice est déjà saisie.

Ces déclarations du ministre de l’Intérieur espagnol démontrent la volonté du gouvernement de faire table rase sur l'un des épisodes les plus difficiles des relations entre le Maroc et l'Espagne. Il remet en cause la liberté de la presse à enquêter sur des affaires scabreuses. En effet, concernant les migrants des enquêtes ont démontré la passivité des services de sécurité marocains. Pour ce qui est de l'espionnage avec le logiciel Pegasus, plusieurs ONG ont accusé le Maroc d’être derrière cette affaire.