De nouvelles informations ont été révélées cette semaine sur les massacres commis par la police française contre des manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Des massacres qui ont fait plusieurs victimes, dont des dizaines de morts.

La date du 17 octobre 1961 est inscrite dans l'histoire de la Guerre d'Algérie. Ce jour-là, alors que la révolution tirait à sa fin, des milliers d'Algériens établis en France sont sortis pour dénoncer le couvre-feu qui leur était imposé. La riposte de la police parisienne a été d'une violence extrême. Les agents de l'ordre n'ont pas hésité à réprimer cette action dans le sang en tirant à balles réelles sur des manifestants pacifiques.

Ce jour reste d'ailleurs une des pages noires des crimes commis par la France contre les Algériens. Un crime qui a été officiellement reconnu par la France en 2021. Cela dit, des zones d'ombre sur ces tragiques évènements perdurent plusieurs années après leur déroulement.

Un pan du mystère a été révélé cette semaine. C'est le journal Médiapart qui en a fait part en citant des archives déclassifiées par l'Élysée sur cette manifestation. Il s'avère, selon la même source, que le président français de l'époque, Charles de Gaulle, avait été informé de tous les massacres et a même ordonné des sanctions – qui ne seront cependant jamais exécutées par le gouvernement de l'époque.

Le Général Charles de Gaulle savait

Média Part fait état ainsi d'une note datée du 28 octobre 1961, rédigée par le conseiller du général de Gaulle pour les Affaires algériennes, Bernard Tricot. Ce dernier a indiqué au chef de l'État qu'il « y aurait 54 morts », expliquant : « Les uns auraient été noyés, les autres étranglés, d'autres encore abattus par balles. Les instructions judiciaires ont été ouvertes. Il est malheureusement probable que ces enquêtes pourront aboutir à mettre en cause certains fonctionnaires de police ».

Dans une autre note, datée du 6 novembre 1961, le conseiller du Général de Gaulle voulait « savoir si on se bornera à laisser les affaires suivre leur cours, auquel cas il est probable qu'elles s'enliseront, ou si le ministre de la Justice ainsi que le ministre de l'Intérieur doivent faire savoir aux magistrats et officiers de la police judiciaire compétente que le gouvernement tient à ce que la lumière soit faite ».

Des sanctions ont été ordonnées par le Général de Gaulle

Bernard Tricot préconisait « que le gouvernement prenne dans cette affaire une position qui, tout en cherchant à éviter le plus possible le scandale, montre à tous les intéressés que certaines choses ne doivent pas être faites et qu'on ne les laisse pas faire ».

Une interpellation à laquelle Charles de Gaulle a affirmé qu'il « faut faire la lumière et poursuivre les coupables » et qu'il « faut que le ministre de l'Intérieur prenne vis-à-vis de la police une attitude d'autorité ». Ces instructions n'ont jamais été prises en considération, cependant. Et aucune sanction n'a été prise à l'encontre des coupables. Les massacres du 17 octobre 1961 sont restés impunis.

Vidéo : Les preuves que de Gaulle savait à propos des massacres du 17 octobre 1961